La France en tête des sports de cross sur neige aux JO de Milan-Cortina 2026
Est-ce la quête des médailles tricolores qui nous rend si passionnés par le snowboardcross et le skicross tous les quatre ans ? Une question légitime, alors que l'équipe de France poursuit son ascension au classement des médailles, se positionnant à la 6e place avec sept médailles en seulement cinq jours. Les Bleus abordent ce jeudi à 10 heures l'épreuve de snowboardcross en tant que nation favorite, un statut partagé par les féminines vendredi.
Une confiance inébranlable et des ambitions olympiques
La confiance règne au sein de l'équipe, renforcée par quatre globes des nations consécutifs et le sacre de Julia Nirani-Pereira lors de la dernière Coupe du monde. L'entraîneur Kevin Strucl croit tellement en ses troupes qu'il a opté pour une manucure spéciale, arborant sur ses ongles les anneaux olympiques, une médaille d'or et les initiales des huit athlètes en lice. « Je pense qu'ils peuvent tous être champions olympiques, donc je le montre », explique-t-il.
La Française Léa Casta, en pleine action lors des Championnats du monde 2025, est bien entourée, comme souvent dans ce sport collectif. Elle souligne la popularité grandissante du snowboardcross : « On se prend facilement au jeu, c'est très dynamique et les positions varient beaucoup. Je comprends que ça tienne en haleine le public ».
Des sports spectaculaires dans le Top 3 des audiences
Dix-huit mois après l'engouement pour le kayak cross aux JO de Paris 2024, les runs à quatre sur neige captivent à nouveau les spectateurs. Youri Duplessis Kergomard, qui termine sa préparation aux Canaries, confirme cette attractivité : « On est dans le Top 3 des épreuves les plus regardées aux JO d'hiver en France. Notre sport est très télévisuel, et on vit de ce rapport avec le public ».
Les réseaux sociaux amplifient cette visibilité, comme en témoigne une séquence virale impliquant Duplessis Kergomard, où il exprime sa frustration après une chute provoquée par un adversaire. Ces incidents rappellent que les chutes groupées sont « assez régulières » dans ces disciplines, ajoutant une dose d'imprévisibilité et de tension.
Le défi mental et physique des athlètes
Julia Nirani-Pereira, plus jeune médaillée olympique française avec l'argent à 16 ans, a dû surmonter des blessures graves au genou. « J'ai pleuré au départ des entraînements, tellement j'avais peur. J'ai fait appel à des préparatrices mentales », raconte-t-elle. Cette préparation est cruciale, car le skicross exige non pas d'être une tête brûlée, mais d'avoir un grain de folie mesuré.
Melvin Tchiknavorian, également en lice aux JO, aborde les risques avec philosophie : « C'est une discipline exposée aux blessures, avec des pointes à 110 km/h. Il faut faire abstraction, sinon on ne fait plus rien ». La dimension tactique est primordiale, nécessitant un sens aigu de l'anticipation pour profiter des moindres brèches.
Stratégies et techniques pour briller sur la neige
Youri Duplessis Kergomard excelle dans l'analyse des trajectoires, agissant à l'instinct comme un guitariste en impro. « Ça ne passe même pas par le cerveau, les réflexes vont direct aux muscles », dit-il. Melvin Tchiknavorian partage des astuces, comme surveiller les ombres ou écouter les bruits derrière soi pour anticiper les mouvements des adversaires.
Avec des morphologies variées, allant de 80 à 115 kg, les athlètes doivent adapter leur style. L'objectif est clair : poursuivre la dynamique de médailles, voire rêver d'un triplé comme à Sotchi 2014. Kevin Strucl résume l'ambition : « Tout le monde sait qu'on est là pour aller chercher des médailles ». Les spectateurs peuvent s'attendre à un spectacle garanti, mêlant adrénaline, stratégie et émotion pure.