Un premier tour aux résultats serrés et une triangulaire inattendue
Le premier tour des élections municipales a réservé des surprises avec des résultats particulièrement serrés. En tête, l'élu d'opposition Henri Lagarrigue a obtenu 41,34 % des voix, devançant nettement Jennifer Michalak, candidate d'une équipe citoyenne sans étiquette, qui a récolté 31,45 % des suffrages. En troisième position, le socialiste Loïc Rozier-Duplantier, soutenu par la maire sortante Béatrice de François, n'a recueilli que 27 % des voix.
La déception du camp socialiste
Loïc Rozier-Duplantier ne s'attendait pas à un tel revers dimanche 15 mars. Pas plus que la maire sortante Béatrice de François qui le soutient. « Sur le moment, la déception fut grande. Mais dès lundi, nous sommes repartis sur le terrain », nuance le chef de file de Parempuyre. Malgré ce score décevant, sa liste a été déposée en préfecture sans négociation en coulisse. « J'ai toujours été clair à ce sujet. Quel que soit le résultat, tout rapprochement avec la concurrence était exclu », justifie-t-il. « Ce maintien était une évidence, par respect pour mes colistiers et pour les électeurs. Nous incarnons la seule proposition de gauche. »
Les réactions des autres candidats
Cette décision ne fait pas les affaires de Jennifer Michalak. La candidate balance entre la satisfaction d'un score élevé pour une première élection et la « stupéfaction » de voir Henri Lagarrigue avec dix points d'avance. « M. Rozier-Duplantier a décidé de tracer sa route en mode solo. Il continue pour la gloire, en sachant que c'est cuit pour lui et son équipe. Ils sont prêts à faire le jeu de M. Lagarrigue », observe-t-elle, abasourdie par ce calcul.
En ballottage favorable, Henri Lagarrigue, auteur d'une campagne de proximité à vélo, entend conserver le même rythme jusqu'au sommet. En 2020, il avait perdu d'un chouïa (82 voix) face à Béatrice de François. « J'ai une équipe pour gérer la mairie demain, aime-t-il à répéter. Nous sommes prêts. » D'ici là, la vigilance reste de mise. Son mantra : éviter la « décontraction » et réveiller les abstentionnistes du premier tour.
Les enjeux du second tour
En l'occurrence, chacun va essayer de pousser le curseur de la participation à son avantage. Pour Jennifer Michalak, il s'agit de convaincre l'électorat qu'elle est la dépositaire la plus crédible du vote utile ; la candidate idoine pour un renouvellement profond des visages et des pratiques politiques.
Assumant l'échec du premier tour, Loïc Rozier-Duplantier veut croire à une remontada. A-t-il payé au prix fort le soutien de Béatrice de François, chahutée sur quelques dossiers sensibles ? Entre la hausse de la taxe foncière en 2024, le projet d'usine Emme (Seveso seuil haut) à Grattequina et la zone d'aménagement différé (ZAD) sur 71,8 ha, le vote sanction a sûrement joué. Rappelant qu'il n'était pas dans la majorité entre 2020 et 2026, le candidat PS dit tenir le cap d'un positionnement « sincère » (et divergent de Béatrice de François sur Emme) depuis le début de la campagne. Avant de conclure : « Contrairement à d'autres, je ne vends pas des promesses que le prochain maire ne pourra pas tenir. » Il veut croire au sursaut de la raison. Qui passe par l'alternance selon ses concurrents.
Les prochaines étapes de la campagne
La liste conduite par Jennifer Michalak tient une réunion publique ce mercredi 18 mars à 19 heures à L'Art Y Show. Celle de Loïc Rozier-Duplantier organisera une rencontre conviviale jeudi 19 mars à 19 heures au même endroit. Henri Lagarrigue ne proposera pas de réunion publique d'ici le second tour, préférant maintenir sa campagne de terrain. Le second tour aura lieu le 22 mars, avec une triangulaire qui promet d'être intense et indécise.



