Municipales : tractations intenses après un premier tour marqué par LFI et le RN
Municipales : tractations après un premier tour marqué par LFI et RN

Municipales : un premier tour qui bouleverse le paysage politique

Les négociations d'entre-deux-tours se sont intensifiées ce lundi, au lendemain d'un premier tour des élections municipales historique. Ce scrutin a été marqué par une abstention massive avoisinant les 43%, un émiettement prononcé des voix et une percée significative de La France insoumise (LFI). Cette performance intervient malgré une campagne émaillée de polémiques, notamment le décès du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon imputé à l'extrême gauche et les accusations d'antisémitisme visant Jean-Luc Mélenchon.

La percée insoumise et les réactions de la gauche

La France insoumise a réalisé des scores remarquables dans plusieurs grandes villes françaises. À Limoges, Lille, Paris et Marseille, les candidats insoumis se sont imposés comme des forces politiques majeures. Le mouvement a même remporté une victoire dès le premier tour à Saint-Denis, aux portes de la capitale. Ces résultats inattendus obligent le reste de la gauche à négocier au cas par cas, le Parti socialiste ayant clairement rejeté tout accord au niveau national.

L'ancrage territorial du Rassemblement national

À l'autre extrémité du spectre politique, le Rassemblement national a consolidé son implantation territoriale en conservant dès le premier tour plusieurs municipalités. Perpignan, Beaucaire, Fréjus et Cagnes-sur-Mer dans le pourtour méditerranéen, mais aussi Le Pontet dans le Vaucluse, Bruay-la-Buissière et Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, Hayange en Moselle et Moissac dans le Tarn-et-Garonne sont restées aux mains du parti d'extrême droite.

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Les grandes villes en suspens

Paris : l'alliance Dati-Bournazel face à la gauche

Dans un paysage politique profondément fracturé, le suspense reste entier dans les plus grandes villes. À Paris, la liste de gauche menée par Emmanuel Grégoire est en ballottage favorable avec 38% des voix, devançant largement celle de l'ex-ministre de la Culture LR Rachida Dati (25%), soutenue par le MoDem et l'UDI. Pour un second tour qui s'annonce serré, Emmanuel Grégoire a ignoré la main tendue de l'insoumise Sophia Chikirou (11,7%) tandis que Rachida Dati s'est rapprochée du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel (11,3%). Ce dernier a confirmé la fusion de sa liste avec celle de la candidate LR pour le second tour. "Nous allons travailler avec Pierre-Yves Bournazel à un projet d'alternance", a déclaré Rachida Dati sur son compte X.

Marseille et Lorient : le refus de LFI par certaines listes de gauche

À Marseille, le maire de gauche sortant Benoît Payan (36,7%) refuse l'offre d'alliance de l'insoumis Sébastien Delogu (12%), au risque de favoriser le candidat RN Franck Allisio, arrivé deuxième avec 35% des voix. Martine Vassal (12,41%), à la tête d'une liste divers droite, a annoncé son intention de se maintenir au second tour. À Lorient, le député écologiste Damien Girard, arrivé deuxième avec 23,19% des suffrages, va fusionner sa liste avec celle de la socialiste Gaëlle Le Stradic (19,03%) "pour faire revenir la ville à gauche", excluant la liste insoumise qui a obtenu 5,16%.

Les fusions insoumises à travers la France

Nantes, Toulouse et Lyon : LFI en position d'arbitre

Bien placé pour l'emporter dans de nombreuses villes, La France insoumise se retrouve en position d'arbitre et parvient à imposer ses conditions dans le cadre de fusions de listes. À Nantes, la maire de gauche sortante Johanna Rolland, en difficulté (35,2%) et talonnée par le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (33,7%), a annoncé avoir signé un accord de fusion technique avec la liste insoumise portée par William Aucant, arrivé troisième.

À Toulouse, les deux listes de gauche (socialiste et LFI), arrivées en seconde et troisième positions, ont trouvé un accord pour le second tour afin de battre le maire sortant Jean-Luc Moudenc (divers droite). Lyon connaît une situation similaire où le maire écologiste sortant Grégory Doucet, arrivé en tête avec plus de 37% des suffrages, a trouvé un accord avec la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, qui retire sa liste.

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Strasbourg, Clermont-Ferrand, Brest et autres villes

À Strasbourg, la maire sortante Jeanne Barseghian (Les Écologistes) et LFI ont annoncé s'allier pour tenter de l'emporter face à la socialiste Catherine Trautmann, arrivée en tête. Le maire sortant socialiste de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a également annoncé la fusion "technique" de sa liste avec celle de LFI conduite par la députée Marianne Maximi. Même scénario à Brest où le maire PS sortant François Cuillandre, distancé par la droite au premier tour, s'allie avec les insoumis.

À Limoges, le candidat PS-PCF-Place publique Thierry Miguel, troisième du premier tour, a accepté de fusionner sa liste avec celle du député insoumis Damien Maudet. À Besançon, la maire sortante écologiste Anne Vignot, largement distancée par le candidat LR Ludovic Fagaut, s'allie à LFI pour "battre la droite". Enfin à Avignon, la liste LFI menée par Mathilde Louvain va fusionner avec celle du PS David Fournier.

Les réactions du "bloc central" et de la droite

Rare motif de satisfaction pour le "bloc central", l'ancien Premier ministre Édouard Philippe est en ballottage favorable (près de 44%) dans sa ville du Havre. Le président de Renaissance Gabriel Attal a rappelé le refus de son mouvement de s'allier avec les extrêmes de tous bords. Le patron de LR Bruno Retailleau a donné comme seule consigne de s'opposer à La France insoumise, laissant ouverte la possibilité d'une "union des droites" prônée par l'ancien président de LR Éric Ciotti, arrivé en tête à Nice avec 43,4% contre 30,9% pour le maire sortant Christian Estrosi.