Municipales en Médoc : Des scrutins variés entre projets économiques et percée du RN
À la veille du premier tour des élections municipales, plusieurs communes du Médoc s'apprêtent à vivre des scrutins particulièrement ouverts et disputés. Entre renouvellements d'équipes, rivalités locales marquées et enjeux économiques cruciaux, la campagne électorale a fait émerger des points chauds sur ce territoire rural où l'équilibre politique traditionnel pourrait connaître des évolutions significatives. Le Rassemblement National tente notamment d'étendre son implantation dans une région où il était quasiment absent lors du précédent scrutin.
Le Verdon : La ferme aquacole Pure Salmon divise la campagne
Au Verdon, la campagne municipale s'est cristallisée autour d'un dossier qui dépasse largement le cadre communal. Il s'agit du projet controversé de ferme aquacole porté par l'entreprise Pure Salmon sur le terminal portuaire du Grand Port maritime de Bordeaux. Ce projet, qui promet la création de 250 emplois directs, a achevé son enquête publique le 19 janvier et attend désormais la décision finale du préfet.
Dans ce contexte particulièrement sensible, trois listes distinctes se sont constituées pour le scrutin :
- Jacques Bidalun, maire sortant depuis 2008 qui brigue un quatrième mandat, adopte une position « légaliste » sur le dossier Pure Salmon, estimant que la décision relève avant tout de l'État. Son équipe avait soutenu le projet en réunion de Communauté de communes.
- Adèle Coste, actuelle adjointe au maire, s'oppose fermement au projet Pure Salmon et défend plutôt une stratégie économique diversifiée autour de projets à l'échelle des PME.
- Monique Cheruette, présidente de l'association Estuaire pour tous qui se présente pour la première fois, se déclare favorable au projet tout en estimant que son instruction doit aller jusqu'au bout.
Pauillac : Une bataille à quatre pour le fauteuil de maire
À Pauillac, la bataille électorale s'annonce particulièrement intense avec quatre listes en présence. Le maire centriste sortant Florent Fatin, qui brigue un troisième mandat consécutif, devra faire face à une opposition tripartite. Il affrontera notamment la liste menée par Anne Charry pour le Rassemblement National, mais aussi deux autres listes conduites par d'anciens colistiers du maire, Julie Costa et Philippe Barraud.
En 2020, face à quatre listes déjà, Florent Fatin avait conservé son siège de justesse grâce à une avance de seulement 70 bulletins. Le RN avait alors fait son entrée au conseil municipal avec l'élection de Grégoire de Fournas, marquant une première implantation dans cette commune.
Des successions ouvertes et des communes sans opposition
D'autres communes médocaines connaîtront des scrutins particulièrement disputés. Au Pian, le maire sortant Didier Mau (DVD) et président de la Communauté de communes Médoc Estuaire ne se représente pas, ouvrant une compétition à trois entre Virginier Garnier, Alexis Toussaint et Thierry Delpech.
À Ludon, le maire et conseiller départemental socialiste Philippe Ducamp devra affronter Olivier Madères et Valérie Duprat, qui tenteront de lui ravir son siège dans une triangulaire serrée.
Dans le Sud-Médoc, certaines communes devraient cependant connaître des élections beaucoup plus calmes. À Sainte-Hélène, le maire Horizons (centre droit) Lionel Montillaud est seul en lice pour sa succession, une situation notable dans cette commune longtemps ancrée à gauche et ancien fief du socialiste Yves Lecaudey.
La commune se trouve au cœur d'un projet structurant porté par la Communauté de communes Médullienne : la construction d'un centre aquatique destiné à onze communes, dont l'ouverture est prévue pour 2028. Cet équipement constitue un argument de bilan solide pour les équipes sortantes.
À Soulac, autre commune sans suspense annoncé, le maire Xavier Pintat (centre droit), en poste depuis 1990, brigue lui aussi un nouveau mandat sans aucun opposant déclaré.
Le RN tente d'étendre son implantation dans le Médoc
L'une des interrogations majeures de ce scrutin local concerne les scores que pourraient réaliser les listes du Rassemblement National ou celles bénéficiant de son soutien. Quasi absent en 2020 avec une seule liste à Pauillac, le parti d'extrême droite soutient désormais ou appuie des candidatures dans une dizaine de communes du territoire médocain.
Le RN est notamment présent à Lesparre, Pauillac, Saint-Laurent, Castelnau, Saint-Sauveur, Queyrac, Vertheuil et Cussac. Du côté de Bégadan, Sonia Colemyn, une ancienne conseillère départementale RN passée dans le camp zemmouriste, est également candidate, illustrant la diversification des offres politiques d'extrême droite sur ce territoire.
Ces élections municipales dans le Médoc révèlent ainsi des dynamiques politiques complexes, mêlant enjeux économiques locaux, renouvellement des équipes municipales et tentative de percée d'un parti national dans un territoire rural traditionnellement partagé entre centre et gauche.



