Municipales à Capbreton : une bataille politique intense dans le seul port des Landes
Après une élection extrêmement serrée en 2020 et de multiples remous, le scrutin de ce dimanche s’annonce extrêmement tendu dans le seul port des Landes, où le maire sortant affronte deux autres têtes de liste. Attention, trompe-l’œil : ne pas se fier aux calmes étendues d’eau du port de Capbreton. La seule cité portuaire des Landes est, depuis six ans, le théâtre d’une véritable déferlante politique. Et l’issue du scrutin de ce dimanche 15 mars ne risque pas d’apaiser l’ambiance houleuse.
Trois candidats pour une mairie convoitée
Au premier tour des municipales, trois têtes de liste s’affrontent : le maire socialiste sortant Louis Galdos, retraité de 66 ans, pour Capbreton au cœur, son ancien adjoint Jean-Luc Aschard, retraité de 70 ans, pour Capbreton par nature, et son opposant originel Serge Mackowiak, retraité de 68 ans, pour Capbreton nouveau cap. Louis Galdos, au centre, affronte Jean-Luc Aschard à gauche et Serge Mackowiak à droite.
Rembobinons. En 2020, Patrick Laclédère, alors maire depuis 2012, l’emporte de 19 voix seulement face à Serge Mackowiak. L’ancien magistrat battu contestera les résultats du vote devant la justice, sans succès. Patrick Laclédère, lui, cédera sa place à son premier adjoint Louis Galdos – qu’il soutient aujourd’hui – en novembre 2024. Le résultat serré de 2020 entre son prédécesseur et Serge Mackowiak n’est pas franchement de bon augure pour le maire sortant. Et son ciel s’est encore plus obscurci depuis l’entrée en scène, en décembre 2025, de Jean-Luc Aschard, après qu’il a démissionné de son poste d’adjoint à l’urbanisme.
Les arguments des candidats
Même s’il a refusé un débat avec ses deux concurrents, Loulou Galdos ne se défile pas pour autant. Je suis là pour le bien de Capbreton depuis trente ans. J’ai porté des projets, je donne plus qu’il ne le faut. Je suis dans mon couloir, avec un programme réaliste. Monsieur Mackowiak, il a fait quoi en six ans ? Que des procédures. Le niveau était affligeant. Quant à Aschard, il a le même bilan que moi. Et il n’a pas de programme. Louis Galdos est maire de Capbreton depuis novembre 2024.
Le maire sortant se défend – On a augmenté le nombre de logements sociaux ; on a investi dans des projets structurants comme le marché ; on a fait baisser la dette – et déroule ses priorités – proposer du logement accessible pour tous et à l’année ; poursuivre avec Macs la transformation du port ; poursuivre le développement économique de la commune ; rénover la médiathèque, etc.
Jean-Luc Aschard est dans une position toute aussi délicate. À la fois comptable du bilan de Louis Galdos – bien que critique sur certains points – avec qui il a travaillé durant deux ans, l’ancien adjoint doit se démarquer de celui-ci et proposer un autre projet. On a bien fonctionné avec Patrick Laclédère. En 2024, lorsqu’il a décidé de passer le témoin, on n’était pas venu pour ça. Louis Galdos n’a pas du tout la même vision ni le même style. Il est très directif et intrusif. Et en même temps, il ne maîtrise pas ses dossiers. Si je suis resté si longtemps, c’était pour finir les projets d’urbanisme que j’avais commencé. Mais j’étais déjà préparé à partir. Je ne me reconnais pas dans l’avenir tel qu’il est perçu par Louis Galdos. Jean-Luc Aschard, auparavant adjoint à l’urbanisme, a démissionné en décembre 2025.
Le candidat pointe ses différences : Il faut que l’on puisse travailler à Capbreton, que l’on crée des espaces sur lesquels les entreprises peuvent s’installer ; aller plus loin pour l’attractivité du centre-ville ; rénover les trottoirs.
À distance, l’opposant historique Serge Mackowiak observe le maire et son adjoint se déchirer. Quitte même à prendre la défense de Louis Galdos. Je n’aime pas Galdos. Mais ce qu’a fait Aschard, partir seulement trois mois avant les élections… Il aurait dû démissionner au moins un an avant, dès qu’il a commencé à préparer sa sortie. Ce que je lui reproche, c’est d’avoir profité de sa position institutionnelle pour cumuler un bilan, avec la prime au sortant, et un statut d’opposant. Serge Mackowiak avait perdu de 19 voix seulement, en 2020, face à Patrick Laclédère.
Le magistrat en retraite préfère se concentrer sur son programme. La gestion du port par Macs est catastrophique, cela fait deux ans que tout est vide. Je propose de créer un syndicat mixte avec la Région, pour redonner vie à ce port, locomotive économique de la ville ; je veux créer une école européenne de sauvetage côtier et en mer ; créer un guichet unique pour l’administratif et le renseignement ; lutter contre les résidences secondaires ; faire un audit sur les finances publiques, etc.
Un scrutin incertain
Pourquoi celui qui a perdu la dernière fois gagnerait le 22 mars ? En 2020, on a manqué d’expérience. Aujourd’hui, on est prêt. Face à deux listes a priori irréconciliables au second tour, l’ancien magistrat croit en ses chances. Dimanche, on pourrait rencontrer sur le port trois hommes se tenant en joue. Et dans cette impasse mexicaine, nul ne peut deviner qui sera le dernier debout.



