Pessac : les candidats aux municipales 2026 au contact des électeurs sur le marché
Municipales 2026 à Pessac : campagne sur le marché Bourrec

La campagne municipale 2026 s'invite sur le marché Bourrec de Pessac

Ce dimanche 22 février, le marché Bourrec de Pessac a pris des allures de terrain de campagne électorale. Les équipes et candidats aux élections municipales de 2026 étaient présents en nombre, cherchant à aller au contact direct des électeurs. « On en a déjà une demi-douzaine dans la boîte aux lettres et ils font aussi le marché », confie une Pessacaise en se dirigeant vers les étals, illustrant ainsi l'intensité de la distribution de tracts dans le centre de la commune.

Un exercice compliqué pour les candidats

À trois semaines du scrutin, la grande distribution de prospectus bat son plein. Gérard Vallée, communiste faisant campagne pour le député et candidat de l'union de la gauche et des écolos Sébastien Saint-Pasteur, estime que « le marché, c'est compliqué ». Il explique : « Beaucoup de gens ne sont pas de la commune, et viennent car il s'agit d'un gros marché. » Une analyse que partage le maire et candidat de la droite et du centre Franck Raynal, qui précise : « Celui du samedi est davantage pessacais. »

Le sortant remarque avec satisfaction qu'il « n'est pas interpellé par des administrés qui ne sont pas contents », contrairement aux campagnes précédentes. Quant à savoir si cette relative tranquillité présage un résultat favorable, seul le scrutin du 15 mars 2026 apportera la réponse.

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Échanges parfois tendus entre candidats

La campagne sur le marché suscite moins de débats de fond que des accolades ou des remarques assassines. Elle est aussi l'occasion d'échanges d'amabilités entre candidats. Lorsque Bérangère Couillard, tête de liste et ancienne ministre et députée, croise Philippe Laval, candidat engagé sur la liste des Insoumis, les piques fusent.

« On a du mal à voir vos idées », glisse Philippe Laval. « De notre côté, notre programme est déjà sorti, pas besoin d'attendre de l'avoir dans la boîte aux lettres. » Réplique cinglante de Bérangère Couillard : « Vous parlez beaucoup du national, on a du mal à voir votre projet pour Pessac. »

Le RN en retard pour le dépôt de liste

À quelques mètres des échanges entre têtes de liste, des militants du Rassemblement national tractent activement. Leur candidat Hervé Dossat est absent, « en réunion publique ailleurs dans la commune » selon Clément Laidet, étudiant et colistier RN. Le parti d'extrême droite n'a pas encore déposé sa liste en préfecture, une situation qui alimente les conversations dans les autres équipes de campagne.

« Cela va être fait dans la semaine », précise Clément Laidet, alors que la date butoir est fixée au jeudi 26 février. Ce dépôt tardif laisse penser que le RN peine à boucler son équipe de 49 personnes, une présence ou non qui sera déterminante dans l'équilibre des forces en présence.

Des réactions contrastées des électeurs

Les colistiers RN se font-ils rembarrer par les électeurs ? « De moins en moins », estime Clément Laidet. Sur place, peu de réactions épidermiques sont observées, mais quelques répliques acerbes émergent. Un grand-père, penché sur son petit-fils, lui montre le tract du RN en commentant : « Tu vois, ça, c'est l'extrême droite. Cela va m'aider à allumer le feu à la maison. »

Pendant ce temps, Alain Rousset, président du Conseil régional et ancien maire socialiste de Pessac, circule discrètement sur le marché. Lorsqu'un militant RN lui tend un tract, il le refuse poliment avant de s'amuser : « Vous passerez le bonjour à votre candidat. » Le militant n'a visiblement pas reconnu l'élu, qui dit tout le bien qu'il pense de son ancien collaborateur Sébastien Saint-Pasteur.

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Des programmes encore attendus

La campagne sur le marché révèle aussi les attentes des riverains. Bérangère Couillard discute ainsi avec un habitant de la rue Rossini, visiblement peu emballé par les changements de sens de circulation dans son quartier. « À quelle adresse je viens vous voir ? » questionne l'habitant. « À mon bureau, quand je serai élue », répond dans un sourire la candidate centriste.

À l'entrée des allées, Franck Raynal échange avec la candidate du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) Révolutionnaire Isabelle Ufferte, classée à la gauche de la gauche. « On discute de l'entre-deux tours », en rigole le maire sortant. Ils ont en commun d'avoir le plus grand nombre de candidatures au compteur, mais pas seulement : « Nous avons été collègues », ajoute Franck Raynal. Isabelle Ufferte proteste légèrement avant que le maire-candidat ne précise : « Nous étions assis l'un en face de l'autre », l'un en tant que DRH du centre hospitalier, l'autre comme représentante syndicale. « Le débat a toujours été courtois », rappelle Franck Raynal.

Étonnamment, le distributeur de tracts qui donne le plus de la voix n'est pas un candidat aux municipales. « C'est pour le marché des créateurs », annonce un bénévole du Lions club. « Nous, on est là tous les ans, et non pas tous les six ans », tacle-t-il en direction des candidats, rappelant que la vie associative continue au-delà des cycles électoraux.