Ondres se prépare pour une bataille municipale décisive en 2026
Six années après avoir conquis l'écharpe tricolore de maire d'Ondres face à Éric Guilloteau avec une avance de 152 voix, Éva Belin se présente à nouveau pour conserver son siège lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. La tête de liste d'Ondres avec vous ! et vice-présidente du Conseil départemental des Landes affronte deux adversaires bien connus des habitants : Muriel O'Byrne Castro et Patrick de Casanove.
Un bilan à défendre face aux critiques
« Nous avons tenu nos promesses mais il nous reste encore des chantiers à mener », déclare Éva Belin, qui évoque une « nouvelle étape ambitieuse » pour la commune. Après un mandat où elle dit avoir « mis K.O. ses oppositions », la maire sortante se dit déterminée à poursuivre son combat.
Mais ses challengers portent un regard bien différent sur la situation. Patrick de Casanove, maire entre 1995 et 2001, alerte sur les finances communales : « À écouter la municipalité sortante, tout est merveilleux. Alors que pour nous, les finances de la commune sont sur le fil du rasoir. » Ce médecin retraité, qui mène la liste Espoir et sérénité pour les Ondrais, a effectué ses calculs : « La capacité de désendettement d'Ondres est de onze ans, quand la moyenne est de 3,8 années pour des communes équivalentes ! » Il exige un audit financier après les élections.
Des tensions qui dépassent les frontières communales
Muriel O'Byrne Castro, qui a siégé au Conseil municipal durant trois mandats (2001-2020), dénonce quant à elle les « souffrances » générées selon elle par le mandat de Mme Belin : « Le mandat de madame Belin a généré beaucoup de souffrances dans la commune. Nombre de situations conflictuelles ne trouvent pas de solution et vont même en s'aggravant. » Le dossier épineux du camping municipal, avec ses procès et épisodes judiciaires, reste présent dans tous les esprits.
L'enjeu dépasse largement les frontières d'Ondres. La gouvernance de la Communauté de communes du Seignanx, qui sera constituée après ces élections municipales, pourrait dépendre directement des résultats de ce scrutin. Dans cette intercommunalité regroupant cinq villages et trois villes, les élus ondrais devront choisir entre soutenir la politique menée depuis 2020 par Isabelle Dufau de Tarnos ou adhérer à l'alternative proposée par Julien Fichot, maire sortant de Saint-Martin-de-Seignanx.
Des visions divergentes pour l'avenir de la commune
Les projets pour Ondres révèlent des approches radicalement différentes. Éva Belin mise sur la modernisation avec l'arrivée du tram'bus prévue pour 2030 : « Ondres a déjà basculé dans la modernité. L'étape ultime, c'est l'arrivée du tram'bus. » Son programme Landae annonce 400 000 euros de recettes pour la collectivité dès la première année, un chiffre qui laisse sceptique Patrick de Casanove, partisan de l'économiste Frédéric Bastiat, qui demande « à voir pour cette saison ».
Muriel O'Byrne Castro propose une vision alternative des mobilités : « La halte de Garros a du sens. Il s'agit plutôt de développer des lignes de navettes entre les quartiers, de l'est et de l'ouest, et plus particulièrement jusqu'à la gare où le nombre de trains du quotidien devrait augmenter. »
Patrick de Casanove se concentre quant à lui sur les problèmes concrets : « Pas de parking, pas de business. Les commerçants de la plage en ont fait l'expérience ! Tout le monde se plaint de devoir se garer loin. » Il entend « repenser la circulation et le stationnement » dans le bourg et aux abords de la plage.
Face à ces critiques, Éva Belin reste inflexible : « C'est le plan le plus ambitieux. Le seul qui permette de dynamiser cette zone en tenant compte du recul du trait de côte. » La bataille pour Ondres s'annonce serrée, avec des implications qui résonneront bien au-delà de la commune landaise.



