Municipales 2026 : Un premier tour marqué par la percée du RN et les alliances de gauche
Les élections municipales de 2026 ont connu un premier tour mouvementé, caractérisé par une implantation significative du Rassemblement national (RN) et une progression notable de La France insoumise (LFI). Dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, la gauche a toutefois réussi à bien résister, tandis que des négociations complexes s'engagent pour le second tour.
Fusions stratégiques entre le PS et LFI
À Toulouse, les candidats LFI et PS ont annoncé la formation d'une liste commune. François Piquemal (LFI), arrivé deuxième avec 27,5% des voix, et François Briançon (PS-Écologistes), troisième avec 25%, ont conclu un accord de gouvernance. Piquemal serait candidat à la mairie tandis que Briançon briguerait la présidence de la métropole toulousaine, avec pour objectif de détrôner le maire sortant Jean-Luc Moudenc.
À Avignon, l'horizon s'éclaircit pour la gauche avec la fusion des listes du socialiste David Fournier et de l'insoumise Mathilde Louvain. Arrivés respectivement troisième et quatrième au premier tour, ils unissent leurs forces face au candidat surprise Olivier Galzi, en tête avec plus de 27% des voix, et à la candidate RN Anne-Sophie Rigault, qui dépasse les 25%.
Négociations tendues dans plusieurs villes
À Nantes, des discussions sont engagées entre la maire PS sortante Johanna Rolland et LFI. William Aucant, tête de liste insoumise, a publié une lettre ouverte conditionnant un rapprochement au refus de tout accord avec la liste divers centre de Mounir Belhamiti. Rolland, qui a récolté 35,24% des voix, est talonnée par le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (33,77%).
À Lille, les Écologistes sont courtisés par le PS et LFI. Le maire sortant socialiste Arnaud Deslandes (26,3%) et la candidate insoumise Lahouaria Addouche (23,4%) ont tendu la main à l'écologiste Stéphane Baly (17,8%). Les discussions sont en cours, avec un accord espéré rapidement pour préparer le second tour.
Le RN revendique des victoires et appelle au vote utile
Le Rassemblement national annonce avoir remporté 24 mairies dès le premier tour et être en tête dans 60 autres communes. Son vice-président Sébastien Chenu a appelé les électeurs LR au « vote utile » pour faire barrage à la gauche. « Nous tendons la main à des gens qui ne peuvent pas se maintenir », a-t-il déclaré, citant notamment Marseille, Nîmes et Toulon.
À Marseille, la situation est particulièrement tendue. Le maire sortant Benoît Payan (36,70%) a fermé définitivement la porte à tout arrangement avec LFI, face au candidat RN Franck Allisio (35,02%). Christian Estrosi, en ballotage défavorable à Nice, a appelé la gauche à se retirer dans sa ville et la droite à le faire à Marseille pour éviter une victoire du RN.
Des situations locales inédites
À Saint-Jean-de-Védas (Hérault), sept candidats ont dépassé les 10% et peuvent se qualifier pour le second tour, une situation exceptionnelle. Le candidat apolitique Patrick Hivin arrive en tête avec 20,04% des voix. Si aucun accord n'est trouvé d'ici mardi, les électeurs devront choisir entre sept bulletins.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, le maire sortant sans étiquette Christian Berçaïts a été retrouvé mort après sa défaite au premier tour. Battu avec 44,5% des voix face à son adversaire qui en a obtenu 55,5%, il se serait suicidé selon le parquet de Pau, provoquant l'émotion dans son village de 728 habitants.
Analyses et perspectives
François Hollande et Pierre Jouvet (PS) ont relativisé la percée de LFI, notant que son électorat représente 12 à 14% dans ce scrutin, soit moins qu'à l'élection présidentielle. « On verra que LFI, même s'il peut connaître une certaine poussée, n'est pas en capacité de gagner », a estimé l'ancien président.
Le second tour s'annonce serré dans de nombreuses villes, avec des enjeux de reports de voix cruciaux. La gauche doit composer avec la montée du RN et les dynamiques internes, tandis que la droite et le centre cherchent des alliances pour contrer l'extrême droite.



