Municipales 2025 : Fin du panachage et nouvelles règles de scrutin dans toutes les communes
Municipales 2025 : Fin du panachage, nouvelles règles de scrutin

Une réforme majeure pour les élections municipales de 2025

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2025 marquent un tournant historique dans le paysage électoral français. Jusqu'à présent, dans les communes de moins de 1 000 habitants, les électeurs désignaient leurs conseillers municipaux au scrutin majoritaire plurinominal à deux tours, avec la possibilité de panachage. Cette pratique, qui permettait de rayer des noms sur le bulletin et de les remplacer par d'autres personnes, même non candidates, appartient désormais au passé.

« Inutile, désormais, d'emporter un stylo dans l'isoloir : son utilisation rendrait le bulletin invalide », alerte Me Frédérique Gey, associée du cabinet Fidal. Cette experte décrypte pour Le Point la loi unifiée du 21 mai 2025, qui vise à harmoniser le mode de scrutin pour toutes les élections municipales en France.

Un nouveau système uniforme pour toutes les communes

Désormais, un scrutin de liste proportionnel, paritaire, à deux tours et avec prime majoritaire s'applique à toutes les communes, du plus petit village à la plus grande métropole. Les listes doivent respecter une parité stricte avec alternance obligatoire homme/femme, y compris dans les plus petites communes où cette règle n'existait pas auparavant.

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Partout en France, les listes peuvent comporter jusqu'à deux candidats supplémentaires. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, une liste sera considérée comme complète même si elle compte deux candidats de moins que l'effectif légal du conseil municipal. Par exemple, dans une commune de 100 à 499 habitants avec un conseil de 11 membres, une liste pourra comprendre entre 9 et 13 candidats.

Le déroulement précis du nouveau scrutin

Au premier tour, la liste obtenant la majorité absolue des suffrages exprimés reçoit la moitié des sièges à pourvoir (prime majoritaire de 50 %). Les sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.

Nouveauté importante : dans les communes de moins de 1 000 habitants, la condition supplémentaire qui exigeait qu'un quart des électeurs inscrits ait voté au premier tour est supprimée. « Désormais, pour que l'élection soit acquise au premier tour dans les plus petites communes, il suffit qu'une liste atteigne la majorité absolue des suffrages exprimés », précise Me Gey.

Si aucune liste n'atteint cette majorité absolue, un second tour est organisé. Entre les deux tours, des modifications peuvent être apportées aux listes en capacité de se maintenir (celles ayant obtenu au moins 10 % des suffrages). Ces listes peuvent également fusionner avec des listes ayant obtenu au moins 5 % des voix.

L'élection des conseillers communautaires

Dans les communes de 1 000 habitants et plus, les conseillers communautaires seront élus simultanément par un système de « fléchage » : certains candidats au conseil municipal sont identifiés comme candidats aux sièges de conseiller communautaire.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les conseillers communautaires sont désignés dans l'ordre du tableau, principalement le maire et les adjoints.

Le maire élu au suffrage indirect

Le maire n'est pas élu directement par les citoyens. Ce sont les conseillers municipaux nouvellement élus qui désignent le premier magistrat et ses adjoints lors du premier conseil municipal. Cette élection doit se tenir entre le 20 et le 22 mars en cas d'élection au premier tour, ou entre le 27 et le 29 mars en cas de second tour.

Les particularités des grandes villes

À Paris, Lyon et Marseille, une loi distincte (loi n° 2025-795 du 11 août 2025) réforme profondément le mode d'élection. Jusqu'alors, les électeurs votaient pour une liste de conseillers d'arrondissement ou de secteur. Désormais, ils voteront plusieurs fois le même jour :

  • Pour une liste de candidats au conseil municipal
  • Pour une liste de candidats au conseil d'arrondissement (Paris et Lyon) ou de secteur (Marseille)

À Lyon, les électeurs voteront une troisième fois pour élire leurs conseillers métropolitains, car la métropole de Lyon est une collectivité territoriale distincte de la commune.

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Pour l'élection des conseillers de Paris, des conseillers municipaux de Lyon et Marseille, la liste arrivée en tête obtiendra désormais directement un quart des sièges, et non plus la moitié.

Une participation massive attendue

Pour ce scrutin historique, 50 478 listes ont été enregistrées, représentant 904 042 candidats. Seules 68 communes demeurent à ce jour sans candidat (contre 106 en 2020). Dans ces cas exceptionnels, le préfet désignera une délégation spéciale de trois à sept personnes chargée des actes administratifs urgents, dans l'attente de nouvelles élections.

Cette réforme majeure du scrutin municipal vise à moderniser et uniformiser les pratiques électorales sur l'ensemble du territoire national, tout en renforçant la parité et la représentativité dans toutes les communes françaises.