Municipales 2020 : comment votre vote local façonne la future majorité sénatoriale
Municipales 2020 : votre vote local façonne le Sénat

Municipales 2020 : le scrutin local qui influence la haute assemblée

Attention, une élection peut en dissimuler une autre ! Bien évidemment, les 15 et 22 mars prochains, les citoyens français se rendront aux urnes pour désigner leur équipe municipale et, par conséquent, le maire de leur commune. Les enjeux locaux sont, sans conteste, fondamentaux : ils concernent la gestion des écoles publiques, des crèches, de la voirie, des logements, de la sécurité publique, des projets d'urbanisme ou encore de la vie culturelle au sein des 36 529 communes que compte notre territoire.

Le lien méconnu entre municipales et composition sénatoriale

Ce que l'on ignore peut-être, c'est qu'en déposant un bulletin dans l'urne lors de ces deux dimanches, les électeurs dessineront également la future composition du Sénat. En effet, la grande majorité du collège électoral des sénateurs est constituée d'élus municipaux ou de délégués nommés par les conseils municipaux. Cette réalité n'est pas anodine, particulièrement dans un contexte où l'Assemblée nationale apparaît fragmentée et polarisée : la chambre haute a démontré, ces dernières années, son importance stratégique ainsi que sa capacité à contrecarrer l'exécutif.

Les partis politiques ont parfaitement intégré ce mécanisme constitutionnel à double détente. D'autant plus que la moitié des sièges du Sénat sera renouvelée dès le mois de septembre 2020. Alors que des appels au désistement entre les deux tours émergent déjà, notamment pour éviter une victoire du Rassemblement national ou de La France insoumise, on comprend mieux pourquoi les formations et leurs candidats entendent se maintenir à tout prix. Un petit obstacle local est une chose, mais disposer de grands électeurs en est une autre, bien plus précieuse.

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Les stratégies des partis pour le renouvellement sénatorial

Cette perspective est particulièrement cruciale pour le Rassemblement national et La France insoumise, qui ambitionnent d'obtenir au moins dix parlementaires au Palais du Luxembourg et d'y constituer un groupe politique autonome. Si Aurore Bergé, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a incité Jordan Bardella à retirer ses candidats dans les villes où La France insoumise pourrait l'emporter et où le RN n'aurait aucune chance, il est peu probable que les stratèges frontistes répondent favorablement à cette requête.

Plus que jamais, le Rassemblement national croit en ses possibilités de succès lors des élections municipales, en particulier dans de nombreuses villes du sud de la France, telles que Marseille, Nice, Nîmes, Toulon, Perpignan ou Carpentras. L'objectif est clair : augmenter son réservoir de grands électeurs. Cette ambition tombe à point nommé, car la quasi-totalité des départements du sud et du sud-est du pays sont concernés par le renouvellement sénatorial de septembre. Une pierre, deux coups.

Le RN refuse catégoriquement d'envisager des désistements, officiellement par respect pour les électeurs, mais, comme l'explique Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN à l'Assemblée nationale : "Un candidat qui se maintient, ce sont des conseillers municipaux supplémentaires et, potentiellement, de nouveaux soutiens pour obtenir davantage de sénateurs." Cette logique illustre parfaitement comment les élections locales, souvent perçues comme purement territoriales, peuvent avoir des répercussions majeures sur l'équilibre des pouvoirs au niveau national, façonnant ainsi l'avenir politique de la France pour les années à venir.

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