Mérignac : une victoire éclatante de la gauche dès le premier tour
La ville de Mérignac, fidèle à ses traditions de gauche depuis plus de quatre-vingts ans, s'apprête à vivre un nouveau mandat sous la bannière socialiste. Le maire sortant Thierry Trijoulet a créé la surprise en remportant les élections municipales dès le premier tour avec un score impressionnant de 51,77% des suffrages exprimés.
Un scrutin sans suspense pour le maire sortant
Si tous les observateurs s'attendaient à voir Thierry Trijoulet arriver en tête, peu anticipaient une victoire aussi nette dès le premier tour. Sa liste divers gauche "Ensemble nous sommes Mérignac", qui rassemble socialistes, écologistes, PCF, Place Publique, Générations et radicaux, a réalisé une performance remarquable avec une participation de 55,27%, bien supérieure à celle de 2020 et comparable à celle de 2014.
« On a fait mieux que résister », a déclaré le maire réélu dès l'annonce des résultats. « Une victoire au premier tour de la majorité d'union de la gauche, ça n'était pas arrivé depuis 2008 et Michel Sainte-Marie. Il y avait des doutes, mais j'ai pris mes risques et j'avais une équipe derrière moi. On a assuré, autour de valeurs républicaines de solidarité, pour une ville qui rassure, fédère, protège… »
La droite et le RN en position de challengers
Derrière le vainqueur, le candidat divers droite et centre Thierry Millet obtient 22,08% des voix, subissant ainsi sa sixième défaite aux municipales depuis 1995. Pourtant, l'éternel challenger était parvenu à fédérer toute la droite et le centre autour de sa candidature et avait mené une campagne de terrain intensive.
Le candidat du Rassemblement National Jimmy Bourlieux réalise quant à lui 17,52% des suffrages, se classant ainsi troisième. Ce score, trois fois supérieur à celui de 2020, lui permet d'installer quatre élus au conseil municipal et d'obtenir un strapontin au conseil métropolitain. « C'est historique. Notre opposition sera offensive », a prévenu le jeune cadre girondin du RN.
La gauche de rupture et les autres candidats
Le candidat de La France Insoumise Loan Panifous se contente d'un modeste 7,04%, confirmant ainsi la dissociation entre les enjeux locaux et nationaux. Malgré ce score limité, il obtient un siège au conseil municipal. « Pour nous c'est déjà une fierté », a déclaré le candidat de 23 ans. « On va rester dans l'opposition pour incarner cette gauche de rupture. »
À noter également la performance de Guillaume Perchet, candidat Lutte ouvrière, qui réalise 1,59%, légèrement mieux qu'en 2020. Ces résultats confirment que Mérignac reste une terre de mission difficile pour la droite traditionnelle.
Une campagne sans second tour
La victoire nette de Thierry Trijoulet dès le premier tour a mis fin à toutes les spéculations sur d'éventuelles alliances au second tour qui avaient nourri certaines rumeurs locales. Le maire sortant a ainsi épargné à la ville les traditionnelles tractations et compromissions qui accompagnent souvent les scrutins à deux tours.
Cette élection municipale marque donc la continuité du pouvoir de gauche à Mérignac, avec un maire qui bénéficie d'une légitimité renforcée par sa victoire au premier tour. La ville s'apprête ainsi à entamer un nouveau chapitre de son histoire politique, toujours ancré à gauche mais avec des équilibres qui évoluent face à la montée du Rassemblement National et aux divisions au sein de la droite traditionnelle.



