Mios : duel électoral sans RN avant le premier tour des municipales
Mios : duel électoral sans RN avant les municipales

Mios : un duel électoral intense avant le premier tour des municipales

Chaque jour jusqu'au week-end du premier tour des élections municipales, Sud Ouest propose une analyse approfondie de la situation politique dans les communes du bassin d'Arcachon et du Val de l'Eyre. Aujourd'hui, le projecteur est braqué sur Mios, où deux candidats s'affrontent dans une campagne électorale particulièrement suivie.

Une commune transformée en douze ans de mandature

En l'espace de douze années, Mios a connu une métamorphose profonde. Cette période correspond exactement aux deux premiers mandats du maire actuel et candidat à sa réélection, Cédric Pain. Cette commune dynamique, qui compte désormais plus de 13 000 habitants, située aux portes du Val de l'Eyre dans le bassin d'Arcachon, ne ressemble plus du tout à celle de 2014.

Cette année-là, un jeune socialiste, dirigeant d'un bureau d'études spécialisé en écologie, remportait la mairie face au candidat divers droite Didier Lasserre. Son objectif principal était clair : freiner la poussée démographique spectaculaire de Mios et moderniser en profondeur les infrastructures communales, particulièrement les établissements scolaires.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le défi était de taille : d'un modeste village de 2 977 habitants en 1982, la commune était passée à 8 700 résidents en 2014. La politique menée par Cédric Pain a visiblement convaincu les électeurs, puisqu'il a gagné 11 points aux élections municipales de 2020, étant réélu avec plus de 68 % des suffrages exprimés, un véritable plébiscite.

Un bilan solide et des projets ambitieux

À l'issue de son deuxième mandat, Cédric Pain part naturellement favori pour ce nouveau scrutin. Il a poursuivi avec détermination sa politique d'aménagement urbain, développant notamment des infrastructures sportives désormais impressionnantes. Son programme électoral inclut de nouveaux projets structurants pour l'avenir de la commune.

La richesse de ce bilan municipal est difficilement contestable et lui assure une assise électorale solide. Face à lui se présente une candidate qu'il connaît bien, Agnès Sangoignet, qui a siégé au conseil municipal dans l'opposition après avoir été élue sur la liste de Daniel François.

Une opposante qui mobilise ses soutiens

Ancienne assistante médicale des trois médecins de la commune, Agnès Sangoignet s'est déclarée candidate en décembre dernier. Même si elle aura du mal à détrôner le maire sortant dans cette configuration, l'opposante parvient à remplir systématiquement les salles lors des réunions électorales qu'elle enchaîne depuis trois mois.

Ce succès de mobilisation laisse penser qu'elle est susceptible de rassembler une partie significative de l'électorat miossais. Elle axe sa campagne sur plusieurs thèmes forts :

  • La sécurité dans la commune
  • Le pouvoir d'achat des habitants
  • La santé, face à une pénurie médicale qu'elle qualifie d'alarmante

L'absence de médecins généralistes constitue effectivement un problème majeur à Mios. Cédric Pain avait d'ailleurs mené une campagne l'an dernier auprès du ministère pour obtenir un zonage de l'Agence régionale de santé, permettant des aides financières à l'installation de nouveaux praticiens.

L'énigme de l'absence du Rassemblement national

L'élément le plus surprenant de cette élection municipale à Mios reste l'absence totale d'un candidat du Rassemblement national. Pourtant, aux dernières législatives de 2024, Laurent Lamara du RN avait frôlé les 50 % des voix au deuxième tour dans cette circonscription.

Les deux listes en présence s'affichent clairement sans étiquette partisane, même si Cédric Pain est également conseiller général socialiste du canton. Le maire sortant précise que sa liste accueille toutes les sensibilités, à l'exception des extrêmes. De son côté, Agnès Sangoignet met en avant le caractère ouvert et rassembleur de sa candidature.

La question cruciale reste de savoir sur quel candidat se porteront les électeurs traditionnellement favorables au RN. Cet enjeu pourrait s'avérer déterminant pour l'issue du scrutin, dont le résultat sera connu dès le premier tour, le 15 mars au soir.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale