Menton : un premier tour décevant pour Louis Sarkozy, le RN en position de force
Pourtant adoubé par Les Républicains, Renaissance et Horizon, Louis Sarkozy n'a finalement pas réussi à faire le plein de confiance des électeurs au premier tour des élections municipales 2026 à Menton. C'est en effet la députée Rassemblement national Alexandra Masson qui est arrivée largement en tête dimanche, créant une surprise politique notable dans cette ville de la Côte d'Azur.
Un score solide mais en baisse pour la candidate RN
Ancienne militante UMP passée à l'extrême droite, Alexandra Masson a récolté 36,5% des voix. C'est toutefois 10 points de moins que son score dans les bureaux de vote de Menton quand elle avait été réélue dès le premier tour aux législatives de 2024. Cette baisse significative montre que l'électorat local reste partagé malgré sa position dominante.
La droite divisée derrière le RN
Derrière la candidate RN, les trois listes de droite se tiennent dans un mouchoir de poche : Sandra Paire, ancienne adjointe du maire historique Jean-Claude Guibal, récolte 19,74% des voix, Louis Sarkozy, fils de l'ancien président, est à 18,01% et Florent Champion, ancien adjoint du maire sortant Yves Juhel, à 15,09%. La liste de gauche unie derrière l'écologiste Laurent Lanquar-Castiel et la candidate Reconquête ! Emilie Ria échouent à se maintenir pour le second tour, restant sous la barre des 10%.
Une alliance se dessine à droite pour le second tour
Dans la mesure où l'addition des voix des listes de droite peut théoriquement dépasser le score d'Alexandra Masson, les différents candidats ont lancé des appels au rassemblement. Une alliance semble d'ailleurs se dessiner à droite. « Menton ne veut pas du Rassemblement national et la droite mentonnaise dans sa diversité a montré qu'elle pouvait, dans une logique de second tour, battre le Rassemblement national », a en effet déclaré Louis Sarkozy, 28 ans, en annonçant des discussions dès dimanche soir.
Louis Sarkozy vu comme un « parachuté »
Arrivé l'an dernier à Menton, le cadet de l'ex-président de la République n'a pas réussi à réellement percer, malgré l'aura de son patronyme sur la Côte d'Azur et une forte exposition médiatique. Pour beaucoup, il est resté le « parachuté », voire « l'Américain », dans la mesure où il a grandi aux États-Unis après la séparation de ses parents. Et ses prises de position iconoclastes sur la suppression du Code de la route ou la légalisation des drogues ont pu brouiller le message politique qu'il souhaitait porter.
Un contexte politique local complexe
En 2020, au second tour, Jean-Claude Guibal, qui dirigeait Menton depuis 1989, avait récolté 55% des voix face au candidat RN Olivier Bettati, ex-mari d'Alexandra Masson aujourd'hui rallié à Christian Estrosi à Nice. Mais Jean-Claude Guibal est décédé subitement en 2021 et ses héritiers se sont rapidement déchirés. Lors d'une municipale partielle en 2021, son ancien adjoint Yves Juhel a battu Sandra Paire de quelques centaines de voix. Enfin, Yves Juhel, 80 ans, a été condamné la semaine dernière à trois ans de prison dont un an ferme dans un vaste dossier de détournements de fonds publics, créant un climat politique particulièrement instable à Menton.
Un second tour décisif pour l'avenir politique de la ville
Les élections municipales de 2026 à Menton s'annoncent donc particulièrement serrées pour le second tour. La capacité des différentes forces de droite à s'unir face au Rassemblement national sera déterminante pour l'issue du scrutin. Les électeurs devront choisir entre la continuité représentée par Alexandra Masson et une alternative de droite unie qui peine encore à se structurer clairement.



