Élections municipales en Lot-et-Garonne : polémiques et anecdotes de campagne
Élections municipales en Lot-et-Garonne : polémiques et anecdotes

Élections municipales en Lot-et-Garonne : une campagne mouvementée

La campagne pour les élections municipales dans le Lot-et-Garonne s'avère particulièrement animée, avec son lot de polémiques, d'anecdotes et de rebondissements qui illustrent les enjeux locaux et les tensions politiques.

Les maladresses électorales d'Agen

À Agen, la liste de gauche Vivement Agen, conduite par Laurent Bruneau, se retrouve dans une situation paradoxale. Alors que son slogan promet de changer d'ère, l'un de ses colistiers, Paul Vo Van, élu départemental écologiste en cinquième position, a négligé de changer de liste électorale. Il reste inscrit à Moirax, ce qui signifie que Laurent Bruneau ne pourra pas compter sur sa voix à Agen. Une ironie qui n'échappe pas aux observateurs politiques.

Dans le même temps, Sébastien Delbosq, tête de liste du Rassemblement National avec Agen en action, qui prône le soutien à l'économie locale, a confié l'impression de son programme à un imprimeur toulousain. Une contradiction qui alimente les critiques de ses adversaires.

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Les soutiens qui divisent

Le maire sortant d'Agen, Jean Dionis, candidat à un quatrième mandat, a reçu le soutien public de David Djaïz, essayiste et consultant parisien originaire d'Agen. Ce soutien a immédiatement provoqué la colère de Sébastien Delbosq, qui a publié un communiqué questionnant l'éthique de ce soutien, rappelant que David Djaïz préside des associations subventionnées par la municipalité. Le candidat RN propose ainsi de réserver les subventions aux associations apolitiques, un débat qui dépasse largement le cadre local.

Les controverses territoriales

À Penne-d'Agenais, le maire sortant Arnaud Devilliers suscite la controverse avec son projet de céder des portions de chemins ruraux à des particuliers, dont une section de la voie de Rocamadour. Cette initiative rappelle étrangement le cas de son opposant Pierre Ranger, qui avait tenté de privatiser un chemin rural traversant sa propriété il y a trois ans. La mairie avait alors dû intervenir pour rappeler la réglementation.

À Villeneuve-sur-Lot, la vente de l'ancien hôpital Saint-Cyr est reportée après les élections, une décision du président sortant Gérard Régnier qui contraste avec l'empressement du maire de Tonneins, Dante Rinaudo, à signer la promesse de vente d'une partie de la Manu à un privé avant le 15 mars.

Les dérapages de campagne

À Marmande, l'équipe d'André Belacel, après un clash interne au RN, a visiblement eu des difficultés à composer sa liste. La situation a atteint un point critique lorsque des membres ont contacté SOS Accueil femmes enfants, une association protégeant des victimes de violences conjugales, pour leur proposer de figurer sur la liste pour être mise en lumière. L'association a refusé, dénonçant une demande inappropriée qui mettrait en danger l'anonymat des personnes qu'elle protège.

Les promesses et réalités

À Foulayronnes, le maire sortant Bruno Dubos propose la création d'un commissariat municipal, thème central de sa campagne sur la sécurité. Cependant, la commune ne dispose plus de policiers municipaux depuis plusieurs années, ce qui pose la question de la faisabilité immédiate d'un tel projet.

À Bouglon, le candidat Pascal Bordessoule annonce porter plainte contre des fausses nouvelles le concernant, notamment des rumeurs sur une conversion à l'Islam et un projet de jumelage avec une commune algérienne. Il affirme au contraire fréquenter toujours l'église et détenir un passeport français, dans un climat de campagne qu'il juge nauséabond.

Les annonces contestées

À Gontaud-de-Nogaret, le candidat Patrick Maurin, soutenu par le RN, annonce l'installation prochaine d'un médecin, le docteur Daniel Benquet, ancien maire de Marmande. Contacté, le médecin dément catégoriquement toute intention de s'installer à Gontaud, évoquant seulement un projet de faire venir des médecins retraités. C'est la deuxième fois que Patrick Maurin fait une telle annonce, ce qui lui vaut le surnom de vendeur de rêves.

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Les stratégies d'évitement

À Fourques-sur-Garonne, le candidat Joël Roy a décliné l'invitation à débattre lancée par le maire sortant Jacques Bilirit, invoquant un problème de calendrier. L'équipe de Jacques Bilirit, président de Val de Garonne Agglomération, s'interroge sur la solidité du projet concurrent, qualifié de trop général. Jacques Bilirit, désormais sans étiquette mais toujours soutenu par le socialiste Alain Rousset, renforce ainsi son image d'élu expérimenté face à des adversaires qu'il juge moins préparés.

Cette campagne municipale en Lot-et-Garonne révèle ainsi les tensions, les espoirs et les réalités souvent complexes de la vie politique locale, où chaque annonce, chaque soutien et chaque polémique peut influencer le scrutin.