Municipales à Jonzac : duel serré entre Cabri et Mougard pour la mairie
Jonzac : duel Cabri-Mougard pour les municipales

Municipales à Jonzac : un duel inédit s'annonce

Six ans après une élection sans opposition, la démocratie locale reprend ses droits à Jonzac. Pour le premier tour des élections municipales, deux listes officiellement déclarées s'opposent dans cette cité thermale de Charente-Maritime, offrant aux électeurs un choix réel pour la première fois depuis longtemps.

Le retour de la compétition électorale

En 2020, le scrutin municipal à Jonzac s'était déroulé sans surprise ni suspense. La liste unique conduite par Christophe Cabri, alors premier adjoint de Claude Belot, avait été élue dans son intégralité avec ses 23 membres. Un vote marqué par un taux d'abstention record de 63,66%, témoignant d'un certain désintérêt des citoyens face à l'absence d'alternative.

La situation a radicalement changé pour ce nouveau mandat. Deux listes sont désormais en lice, et tous les observateurs locaux s'accordent à dire que la démocratie communale s'en trouve revitalisée. D'un côté, le maire sortant Christophe Cabri, de l'autre, le challenger Jean-François Mougard, un novice en politique mais pas un inconnu dans l'administration locale.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Deux profils, deux stratégies

Christophe Cabri, 56 ans, a rejoint le parti Horizons d'Édouard Philippe tout en conservant officiellement une étiquette sans étiquette. Après six ans d'expérience comme premier magistrat, il peine parfois à s'émanciper de l'ombre de son mentor Claude Belot, figure emblématique de la vie politique locale avec près de sept décennies d'engagement public.

Le maire sortant a fait le choix de renouveler en grande partie son équipe, avec seulement huit élus sortants sur sa liste Une énergie commune pour Jonzac. Il semble impatient de mener campagne et prêt à défendre son bilan.

Face à lui, Jean-François Mougard, également âgé de 56 ans, présente un profil différent. Ancien directeur général des services de la Ville de Jonzac de 2003 à 2017, puis de la Communauté des communes de Haute Saintonge jusqu'en 2023, il occupe actuellement le poste de directeur général adjoint du pôle transition écologique à la Communauté d'agglomération du Niortais.

Jean-François Mougard est sorti très tôt du bois, officialisant ses ambitions dès mars 2024. Il reproche ouvertement au maire en place une mauvaise gestion financière de la Ville et a réussi à rallier à sa cause l'opposition municipale naissante. Sur sa liste Jonzac, cœur battant, on retrouve des figures comme Barbara Lachamp, Hélène Dubus-Héraud, Marie-Christine Nougès et Christophe Gadras, ainsi que Serge Espin, l'ancien directeur des Thermes de Jonzac durant plus de trente ans.

L'ombre de Claude Belot

La relation entre Christophe Cabri et Claude Belot a connu des turbulences en 2024 avant de s'apaiser. L'ancien sénateur, ex-président du Département et actuel président de la Communauté des communes a déclaré en janvier 2025 : « Je veux que Christophe Cabri mène tranquillement son mandat. Je l'aide autant que nécessaire. Je suis à ses côtés autant qu'il a besoin, par loyauté. »

Pourtant, Claude Belot n'a apporté aucun soutien officiel à ce jour. À 90 ans, le patriarche de la vie politique locale observe avec attention cette élection qui pourrait déterminer l'avenir de ses projets. Son soutien, s'il venait à se manifester, pèserait lourd dans la balance électorale.

Absence de listes de gauche et d'extrême droite

Sauf énorme surprise avant la clôture des dépôts de candidatures, aucune liste de gauche ne se présentera à Jonzac. La gauche locale ne parvient pas à se reconstituer depuis l'avènement de La République en marche. De même, le Rassemblement national, bien qu'en progression dans le sud de la Haute Saintonge, ne présentera pas de candidat pour ces municipales.

Un enjeu qui dépasse la mairie

L'élection du prochain maire de Jonzac ne se limite pas à la gestion municipale. Elle participe pleinement à l'enjeu majeur qui attend la Haute Saintonge : la succession de Claude Belot à la tête de la Communauté des communes. Cette intercommunalité modèle, avec un budget de 75 millions d'euros et aucune dette, attire les convoitises.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Outre les deux candidats jonzacais, d'autres prétendants se positionnent déjà. Emmanuel Festal, maire sortant de Chevanceaux, et Jean-Marc Thomas, son homologue de Saint-Simon-de-Bordes, ont fait connaître leurs ambitions. Raphaël Gérard, l'ancien député Renaissance de la quatrième circonscription, candidat cette année à la mairie de Lanzac, serait également intéressé par cette présidence. L'ancien député a souvent bénéficié du soutien de Claude Belot, qui l'avait appuyé lors de ses élections législatives de 2017 et 2022.

Le scrutin municipal de Jonzac s'annonce donc comme bien plus qu'une simple élection locale. C'est un vote qui pourrait redessiner les équilibres politiques de toute la Haute Saintonge et déterminer qui prendra la relève de Claude Belot, figure tutélaire de la région depuis des décennies.