Ingérence numérique étrangère dans les municipales 2026 : deux candidats LFI ciblés
À quelques jours du scrutin des élections municipales de 2026, une nouvelle opération d'ingérence numérique étrangère a été détectée en France. Les candidats de La France Insoumise Sébastien Delogu à Marseille et François Piquemal à Toulouse sont la cible d'une campagne de dénigrement dont l'origine géographique précise n'a pas encore été déterminée par les autorités françaises.
Une manipulation numérique confirmée par les services de sécurité
Une source sécuritaire a indiqué à l'Agence France-Presse qu'une opération de manipulation a été repérée contre les deux députés, confirmant une information préalablement révélée par le journal Le Monde. Cette découverte intervient peu après qu'une autre opération similaire ait été attribuée à un réseau lié à la Russie, ciblant cette fois le candidat de centre-droit à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel.
Le service gouvernemental Viginum, chargé de la lutte contre les manipulations numériques, a précisé avoir « récemment détecté plusieurs sites et comptes sur les réseaux sociaux présentant des caractéristiques d'inauthenticité ». Parmi les éléments suspects identifiés figurent des photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes à plusieurs de ces comptes.
Des méthodes sophistiquées et des enquêtes en cours
Viginum a également révélé que des « marqueurs techniques étrangers » ont été identifiés dans les métadonnées des sites et comptes impliqués dans cette campagne. Les investigations se poursuivent activement pour déterminer avec précision l'origine géographique de cette opération de manipulation.
Selon les premières analyses, cette campagne malveillante n'aurait eu « qu'une faible visibilité » à ce stade, mais sa sophistication technique inquiète les autorités. Le parquet de Marseille a d'ores et déjà ouvert une enquête pour diffamation suite à une plainte déposée par Sébastien Delogu, tandis que François Piquemal a également engagé des démarches juridiques.
Une campagne de dénigrement aux multiples facettes
Cette opération de manipulation a pris plusieurs formes :
- Un faux site baptisé « blog de Sophie » se présentant comme celui d'une ancienne collaboratrice de Sébastien Delogu
- Des affiches avec QR code permettant d'accéder à ce site placardées dans Marseille
- Un réseau de faux comptes sur le réseau social X ciblant également François Piquemal
- La diffusion de données personnelles du candidat toulousain sur internet
Le site du blog et ses déclinaisons sur les réseaux sociaux n'étaient plus accessibles mardi, selon les constatations de l'AFP. Cependant, l'infrastructure numérique derrière cette campagne semble avoir été soigneusement préparée.
Un lobby pro-israélien suspecté dans cette opération
Selon les informations du Monde, cette nébuleuse de faux comptes serait utilisée pour promouvoir des messages d'Elnet, un lobby pro-israélien installé en Europe et enregistré en France, connu pour être en conflit ouvert avec La France Insoumise. Les deux candidats ciblés sont en effet très engagés dans l'opposition aux opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.
« Je suis la cible depuis le début de ma campagne d'accusations indécentes et diffamatoires », a déclaré Sébastien Delogu en marge d'une conférence de presse. François Piquemal a pour sa part affirmé : « Ce n'est pas la première fois que l'on a des menaces, du harcèlement en ligne de la part d'officines d'extrême droite israélienne ».
Appels à protéger l'intégrité du processus électoral
Manuel Bompard, coordinateur national de LFI et député de Marseille, a demandé que « les autorités fassent respecter l'intégrité du processus électoral ». Sur le réseau social X, le parlementaire a insisté : « Le commanditaire et l'exécutant de cette opération doivent être mis hors d'état de nuire. Nos élections ne sont pas un terrain de jeu pour les agents des gouvernements étrangers ».
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large d'ingérences numériques détectées lors de cette campagne municipale. Fin février, les autorités avaient déjà identifié une autre opération à visée lucrative pilotée depuis l'Asie du Sud et ciblant plusieurs candidats à la mairie de Paris.
Les services de sécurité français restent en alerte maximale à l'approche du scrutin, déterminés à préserver la souveraineté du processus démocratique français face à ces nouvelles formes d'ingérence étrangère qui exploitent les vulnérabilités du numérique.



