Villenave-d'Ornon : la gauche divisée à la veille des municipales
Gauche divisée à Villenave-d'Ornon avant les municipales

La gauche villenavaise face à ses divisions électorales

Mercredi 4 mars à Villenave-d'Ornon, l'électorat de gauche se trouvait confronté à un choix précoce. Alors que le dépôt des bulletins dans l'urne demeurait encore lointain, deux réunions publiques concurrentes illustraient les fractures persistantes au sein des forces progressistes de la commune.

Deux meetings, deux visions de la gauche

D'un côté, au Carrelet, se rassemblaient les soutiens de la socialiste Stéphanie Anfray, fédérant écologistes, radicaux de gauche, communistes, Place publique, L'Après et Nouvelle Donne. De l'autre, à l'auditorium Sourreil, Guillaume Latrille tenait son meeting avec l'appui de La France insoumise. Cette dualité confirmait l'absence d'union de la gauche au premier tour des municipales, ainsi que des désaccords profonds sur les stratégies électorales.

« Notre date avait été annoncée dès janvier. Ce n'est pas très fair-play de la part de l'autre liste », commentait un partisan de Guillaume Latrille, tout en observant attentivement le remplissage des salles. « Nous sommes un peu plus excentrés, j'espère que cela ne va pas nous pénaliser », s'inquiétait quant à lui un proche de Stéphanie Anfray avant l'intervention de la candidate.

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Une affluence équilibrée mais modeste

Les deux rassemblements ont finalement attiré une assistance comparable, avec environ une centaine de personnes dans chaque camp, incluant colistiers et militants. Ces chiffres restaient modestes comparés aux 600 personnes réunies un mois plus tôt par Michel Poignonec, le maire sortant divers droite.

Cette division rappelle l'échec de la gauche unie au second tour lors du précédent scrutin, échouant à seulement 276 voix de la victoire. Six ans plus tard, et toujours sans le Rassemblement national, une alliance entre les deux tours apparaît comme une condition nécessaire pour espérer l'emporter.

Programmes et accusations croisées

Guillaume Latrille, élu de 30 ans, mène une campagne de terrain intensive avec 10 000 portes frappées et 80 000 vues sur ses vidéos réseaux sociaux. Il revendique avoir « vulgarisé la politique » et défend un programme incluant la création de trois services publics (centre de santé, aide à domicile, pompes funèbres) et un droit aux vacances pour les enfants villenavais.

De son côté, Stéphanie Anfray bénéficie du ralliement de Patrick Bouillot, ancien maire de Villenave (1994-1995), qui avait échoué au premier tour en 2020. « Il n'y a pas d'hésitation à avoir. À côté de la liste terne et sans éclat d'à côté, il faut voter pour la vraie gauche », a-t-il lancé sous les applaudissements.

Les accusations fusent entre les deux camps. Jacques Raynaud, conseiller départemental (Place publique), critique vertement la liste adverse : « Une liste qui se prétend de gauche et surtout, escroque les gens en disant qu'elle est l'héritière du Nouveau Front populaire, je ne peux pas l'accepter ».

Soutiens institutionnels et critiques urbaines

La liste de Stéphanie Anfray a reçu le renfort de plusieurs élus, dont Christine Bost, présidente PS de Bordeaux Métropole, qui a loué « une femme qui s'accroche depuis des années, qui a l'expérience, la compétence et [son] entière confiance pour gérer Villenave ». Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, est également venu déplorer les dysfonctionnements dans les relations intercommunales.

L'urbanisme constitue un autre point de convergence critique. Jacques Raynaud a dénoncé avec virulence la situation du quartier du Bocage : « C'est le fin fond de l'Ukraine après quatre ans de guerre. Pas un service public. Un bus de temps en temps, quand il passe. Tout est en travaux. Comment a-t-on conçu un truc pareil ? ». Guillaume Latrille a repris cette thématique pour « dénoncer l'hypocrisie de la droite qui, après avoir bétonné durant trente et un ans, voudrait débétonner ».

Alors que la campagne municipale s'intensifie à Villenave-d'Ornon, la gauche devra surmonter ses divisions internes si elle veut contester sérieusement la majorité sortante. Les électeurs devront déterminer où se situe le centre de gravité de cette famille politique fragmentée.

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