Philippe Dessertine campe sur ses positions et rejette toute alliance à Bordeaux
Plus remonté que jamais et ciblant directement le candidat Thomas Cazenave, Philippe Dessertine, désigné comme le « troisième homme » de l'élection municipale par les derniers sondages, a réaffirmé avec force sa détermination à aller « jusqu'au bout » de la campagne. Lors d'une conférence de presse tenue dans sa permanence, l'économiste a martelé : « Je ne me rallierai à personne, je vous demande d'écarter cette option », rejetant catégoriquement les spéculations sur d'éventuels rapprochements.
Un candidat agacé par les rumeurs de négociations
Bombardé troisième homme du scrutin municipal par les enquêtes d'opinion, dont la dernière publiée lundi 9 mars par Atlantico qui le crédite de 17% des intentions de vote, Philippe Dessertine s'est montré particulièrement agacé par ce qu'il qualifie de « rumeurs de calculs, de négociations qui salissent la campagne ». Son maintien au second tour pourrait pourtant déterminer l'issue de l'élection, voire la victoire du maire sortant écologiste Pierre Hurmic face au député Renaissance Thomas Cazenave, candidat de la droite et du centre.
Mais le candidat se revendiquant de la « société civile » et ne s'identifiant qu'à l'étiquette « centre divers » reste inflexible : « Je réfute absolument l'idée qu'on fait gagner ou qu'on fait perdre. Il faut arrêter avec cette logique partisane. Dans la démocratie française, personne n'est propriétaire du vote. J'assurerai cette logique citoyenne jusqu'au bout, y compris si les politiques traditionnels s'en offusquent », a-t-il prévenu, ajoutant recevoir de nombreux encouragements à tenir cette ligne.
Une attaque frontale contre Thomas Cazenave
Un post Facebook de Thomas Cazenave, reprenant mardi 10 mars une hypothèse du sondage où il apparaîtrait victorieux dans une triangulaire face à Pierre Hurmic et Nordine Raymond à condition de s'unir avec Philippe Dessertine, a particulièrement ulcéré l'économiste. D'ordinaire peu enclin à critiquer ses adversaires, il n'a pas mâché ses mots : « Le macronisme a un plafond de verre et le ministre des Comptes publics d'Emmanuel Macron a beau faire des additions, elles ne correspondent pas à la réalité politique de cette ville ».
Toute approche de l'équipe Cazenave serait ainsi vouée à l'échec selon Dessertine, qui a lancé un « fin de non-recevoir absolue ». Il a même mis en garde ses soutiens : « Je le dis à mes soutiens, surtout ne les approchez sur les marchés. Ils seraient capables de dire qu'ils parlent avec nous ». L'économiste n'a pas épargné le parcours politique de Thomas Cazenave, rappelant qu'il fut « secrétaire général adjoint de l'Élysée sous François Hollande, pas spécifiquement un parcours de droite », aujourd'hui à la tête d'une liste formée avec « un quarteron d'anciens d'Alain Juppé et Nicolas Florian ».
Pierre Hurmic également dans le collimateur
Le maire sortant écologiste Pierre Hurmic n'est pas oublié dans cette offensive verbale, étant épinglé pour son « absence de vision ». Relancé à plusieurs reprises sur ses intentions, Philippe Dessertine se refuse à envisager un scénario autre que la victoire, s'appuyant sur la tendance haussière du dernier sondage et vantant « le vote gagnant dès le premier tour ».
Interrogé sur sa présence future au conseil municipal, l'économiste a répondu sans ambages : « Quoi qu'il arrive, je siégerai au conseil municipal. Au conseil municipal, au siège de maire », affirmant ainsi sa conviction de remporter l'élection et de prendre la tête de la mairie de Bordeaux, dans un contexte de campagne de plus en plus tendue où les alliances traditionnelles sont remises en question par ce candidat issu de la société civile.



