Philippe Dessertine bouleverse la scène politique bordelaise avec 20,16% des voix
Sept mois après avoir annoncé sa candidature de manière inattendue, l'économiste médiatique Philippe Dessertine a réalisé une performance remarquable lors du premier tour des élections municipales de Bordeaux. Avec un score de 20,16%, il se qualifie pour le second tour, créant ainsi une véritable sensation dans le paysage politique local.
Un trio serré pour la mairie de Bordeaux
Le résultat place Philippe Dessertine en troisième position, derrière le maire sortant Pierre Hurmic qui obtient 27,67% des suffrages et le candidat macroniste Thomas Cazenave qui recueille 25,58%. La course est particulièrement serrée entre les deux premiers, mais c'est bien l'économiste de 62 ans, nouveau venu en politique, qui attire tous les regards par sa progression constante et son refus catégorique de toute alliance.
Un refus d'alliance fermement affirmé
« Aucune alliance envisageable », a répété Philippe Dessertine sur France 3 et dans sa permanence électorale. Il martèle qu'il est « le seul » à progresser régulièrement dans les intentions de vote, passant de 10% en novembre à 17% la semaine dernière, pour finalement atteindre 20,16% lors du scrutin. Cette progression constante lui donne une légitimité qu'il entend préserver jusqu'au bout.
L'économiste a repoussé tous les appels à l'union, que ce soit de la part de Thomas Cazenave – pourtant au coude à coude avec le maire sortant – ou même de Julie Rechagneux du Rassemblement National. Il positionne ainsi sa campagne comme au-dessus des partis traditionnels et des calculs politiques.
Une campagne axée sur l'indépendance et les thèmes citoyens
Philippe Dessertine a capitalisé sur une ligne « citoyenne » – il est officiellement classé divers centre par la préfecture – et a fait de son indépendance un atout majeur de sa campagne. Face aux « rumeurs de calculs et de négociations qui salissent la campagne », selon ses propres termes, il a constamment relativisé les sondages tout en travaillant à affirmer sa singularité.
La droite bordelaise l'avait pourtant appelé à se positionner en faveur de Thomas Cazenave avant même l'issue du premier tour, mais l'intéressé en a fait une thématique de fin de campagne. « J'assurerai cette logique citoyenne jusqu'au bout, y compris si les politiques traditionnels s'en offusquent », revendiquait-il à quelques jours du premier tour.
Un discours rodé qui fait la différence
Le discours de Philippe Dessertine, perfectionné d'une réunion publique à l'autre et délivré sans notes, a su convaincre une partie importante de l'électorat bordelais. Son programme articule plusieurs axes forts :
- Un package sécuritaire affirmé
- Une « tolérance zéro sur la propreté »
- Une approche pro-business pour répondre à l'assèchement des finances publiques
Cette combinaison de thèmes, alliant fermeté sur certains sujets de société et pragmatisme économique, a visiblement trouvé un écho favorable auprès des Bordelais. Qui aurait cru, il y a seulement sept mois, que cet économiste médiatique parviendrait à bouleverser à ce point le panorama politique local ?
La suite au second tour promet d'être passionnante, avec un candidat déterminé à maintenir sa ligne indépendante jusqu'au bout, quelles que soient les pressions et les tentatives de rapprochement des autres formations politiques.



