Bordeaux : L'appel pressant de Cazenave à l'union avec Dessertine
Dans le paysage électoral bordelais, une dynamique de rapprochement s'intensifie malgré les résistances affichées. Thomas Cazenave, le candidat rassemblant la droite et le centre, qui se situe à près de 26% des voix au premier tour, continue de tendre la main à Philippe Dessertine, l'économiste « citoyen » arrivé en troisième position avec environ 28% des suffrages. Lors d'une conférence de presse tenue ce lundi 16 mars, Cazenave a réitéré avec force sa proposition d'alliance, la qualifiant d'« enjeu historique » pour la ville.
Une main tendue malgré les refus répétés
Depuis plus d'une semaine, Philippe Dessertine a clairement exprimé son refus de toute forme d'alliance ou de ralliement. Pourtant, Thomas Cazenave, ancien ministre délégué aux Comptes publics, persiste et signe. « Si nous réussissons l'union avec Philippe Dessertine et ses colistiers, la victoire est certaine et attendue », a-t-il martelé devant les médias. Il a renouvelé sa « main tendue » non seulement à Dessertine lui-même, mais aussi à son équipe, envoyant ainsi un signal aux colistiers, proches et électeurs qui pourraient souhaiter influencer la décision de leur champion.
Cazenave fonde son appel sur un constat électoral percutant : « Il s'est passé quelque chose dimanche soir : 72% des Bordelais veulent changer de maire, Pierre Hurmic est rejeté massivement, nous devons répondre à cet appel et être à la hauteur de cet enjeu historique ». Pour lui, l'addition de ses voix et de celles de l'économiste formerait « une force extrêmement puissante » capable de renverser la majorité sortante.
Dépasser les réserves et les divergences
Face aux « réserves » qu'il prête encore à Philippe Dessertine, qui l'a souvent éconduit, Thomas Cazenave tente de rassurer. « Ce ne serait pas de la 'tambouille', une alliance contre-nature. Il y a une convergence naturelle et attendue », affirme-t-il. Il met en avant des visions communes sur des sujets clés comme la sécurité, le cadre de vie, les transports et la perte de rayonnement de Bordeaux. De plus, il souligne un souci partagé pour la place de la société civile dans l'équipe municipale, notant que deux tiers de sa liste en sont issus.
Après six ans d'opposition pugnace au conseil municipal, deux campagnes législatives (2022 et 2024) et plus d'un an de campagne municipale, Cazenave, âgé de 47 ans et originaire de la rive droite de Bordeaux, se dit prêt à se « battre jusqu'au bout ». Il a réussi à unir la droite et le centre, incluant Renaissance, Horizons, MoDem et LR, et a rassemblé d'anciens adjoints juppéistes comme Pierre de Gaëtan et Alexandra Siarri, ainsi que la sénatrice Nathalie Delattre, tous présents à ses côtés lors de la conférence de presse.
Les électeurs comme moteur de l'union
À quelques heures du dépôt des listes pour le second tour, prévu ce mardi à 18 heures, Thomas Cazenave insiste sur le rôle des électeurs dans cette dynamique. « Ce sont nos électeurs qui nous demandent cette union », déclare-t-il. Il s'exprimera ce mardi entouré de tous les maires de l'opposition à Bordeaux Métropole, dont certains ont réalisé de belles performances au premier tour dans des communes comme Pessac, Villenave, Talence ou Gradignan.
En cas d'échec des négociations d'alliance, Cazenave se prépare à une triangulaire. « Une nouvelle campagne commence, une triangulaire, dans laquelle on ira convaincre les Bordelais et les Bordelaises de soutenir la liste qui peut l'emporter », explique-t-il. Sur la question sensible de la place de maire en cas d'union, il reste ouvert : « S'il y a fusion, il y a discussion ». Pour l'instant, cependant, la réponse de Philippe Dessertine demeure négative, laissant planer l'incertitude sur l'issue de ce bras de fer politique.



