Des candidats RN controversés maintiennent leur course aux municipales
Le Rassemblement national se félicite ce lundi matin de l'élection ou de la réélection de 24 maires issus du mouvement, ainsi que de 1 279 élus municipaux. Le parti souligne également la présence de « dizaines de candidats largement en tête et en position très favorable » pour le deuxième tour des élections municipales. Pourtant, plusieurs de ces candidats avaient été pointés du doigt pour des publications à caractère raciste, complotiste, climatosceptique ou sexiste, y compris dans la région du Sud-Ouest. Ces controverses n'ont pas détourné les électeurs, dont les voix leur ont permis de se qualifier pour le second tour.
Trois candidats toujours en lice en Gironde
À Saint-Médard-en-Jalles (32 000 habitants), les multiples messages climatosceptiques, complotistes, racistes ou antisémites repostés par Philippe Licata n'ont pas dissuadé 13,03 % des électeurs. Il sera donc au second tour, face au maire sortant Stéphane Delpeyrat (48,51 %), à l'ancien maire Jacques Mangon (24,95 %) et à Marie-Odile Picard (13,51 %).
À Pauillac, dans le Médoc, la candidate RN Anne Charry est arrivée largement en tête du premier tour avec 42,20 %. L'ancien député Grégoire de Fournas, en seconde position sur cette liste, est connu pour avoir lancé, en 2022, « Qu'il retourne en Afrique ! » lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à propos de l'« Ocean Viking », le navire de l'ONG SOS Méditerranée qui porte secours aux embarcations de migrants en perdition. Pour ces propos racistes, il avait été exclu de l'Assemblée nationale pendant deux semaines. Le maire sortant Florent Fatin (centriste) a recueilli 28,24 % et le conseiller municipal d'opposition Philippe Barraud 29,56 %.
À Andernos-les-Bains, sur le bassin d'Arcachon, quelques jours avant le premier tour, la tête de liste Philippe Baconnet, décrit comme un nostalgique de la monarchie dans un article de « Libération », avait effacé plusieurs posts publiés sur sa page Facebook. Deux autres colistiers s'étaient aussi fait remarquer pour avoir publié, ou reposté, des publications racistes « Interdisons l'islam ». Philippe Baconnet a obtenu 13,89 % des voix dimanche, en troisième position derrière le maire sortant Jean-Yves Rosazza (40,39 %), Christophe Charpentier (20,27 %) et devant Arnaud Leroy (12,63 %).
« Je ne me souviens pas » : des excuses qui ne convainquent pas
À Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, le maire François Bayrou (33,83 % au premier tour) se voit imposer une triangulaire dans laquelle il affrontera la liste de Jérôme Marbot (union de gauche - 26,31 %), et la liste de Margaux Taillefer (extrême droite - 16,26 %). Cette ancienne militante du mouvement Génération Zemmour avait publié sur X (anciennement Twitter) des propos racistes, islamophobes ou grossophobes, qui ont depuis été supprimés. « Des tweets d'il y a très longtemps dont je ne me souviens pas » avait assuré la candidate à « Sud Ouest », qui expliquait qu'« à l'époque, je me permettais du second degré sur mon compte personnel ».
Controverses étendues à d'autres départements
À Bergerac, en Dordogne, le député RN Serge Müller avait tenu des propos très discutables sur les violences conjugales, les comparant à des « problèmes de voisinage » qui ne seraient pas du ressort de la police mais d'un « médiateur ». Il apparaît en (dernière) position « de soutien » à la liste de Christian Gérard (20,32 %). Le socialiste Fabien Ruet, qui mène une liste de gauche sans La France insoumise à Bergerac, a viré largement en tête du premier tour des élections municipales avec 37,30 %, devant le maire sortant de droite Jonathan Prioleaud (26,82 %). Le sans étiquette Thierry Roux (15,56 %) est le quatrième candidat qualifié pour le second tour.
À La Tremblade, en Charente-Maritime, Michel Vollet est visé par la plainte d'une militante RN qui l'accuse d'avoir tenté de l'embrasser de force. Avec 18,73 %, l'ancien ostréiculteur s'est qualifié pour une triangulaire face à Jean-Pascal Desplaces (45,33 %) et Laurence Osta Amigo (35,94 %).
Ces exemples illustrent comment des candidats du Rassemblement national, malgré des prises de position ou des publications controversées, parviennent à se maintenir dans la course aux municipales, suscitant des interrogations sur l'impact de ces polémiques dans le choix des électeurs.



