Campagnes municipales : trucages photo, désinformation et polémiques locales
Campagnes municipales : trucages photo et polémiques locales

Les photos de campagne : entre trucages graphiques et absences remarquées

À l'image des traditionnelles photos de classe où un élève manque toujours, les clichés de campagne électorale peinent à réunir tous les colistiers le jour J. Pour pallier ces absences, les candidats déploient des stratagèmes graphiques plus ou moins convaincants. Les plus scrupuleux ajoutent les visages manquants sous forme de médaillons, tandis que d'autres, qualifiés de « tricheurs », incrustent directement des têtes au milieu des rangées. Le résultat frôle parfois le surréalisme : à Hendaye, une colistière de Tristan Proteau, privée de ses jambes lors du montage, semble littéralement en lévitation au-dessus du sol.

Désinformation et rectifications hasardeuses

Le maire de Saint-Jean-de-Luz, Jean-François Irigoyen, a vivement réagi sur Facebook aux critiques de Manuel de Lara concernant les prix élevés des futurs appartements du projet Belaia, oscillant entre 9 000 et 14 000 euros le mètre carré. Accusant son rival de « désinformation », il a précisé que ces tarifs ne concernaient que 20 % des logements, les 80 % restants étant bien plus abordables. Mais, emporté par son élan, l'édile a ensuite fustigé les votes contre de l'opposition sur deux programmes entièrement sociaux, omettant que les élus minoritaires avaient soit approuvé, soit s'étaient abstenus lors de ces scrutins.

Les revirements politiques d'Hendaye

À Hendaye, l'entourage du maire Kotte Ecenarro suggère que la liste de son opposante Laetitia Navarron n'a pas toujours défendu le classement agricole du terrain controversé de Moleres. Ils évoquent une proposition de 2018 par l'élu Iker Elizalde d'y implanter « 100 % de logement social ». Ce dernier se défend en expliquant qu'il s'agissait d'une hypothèse en cas d'artificialisation, le groupe ayant acté un an plus tard son souhait de réserver le site à l'agriculture. Les proches du maire oublient cependant ses propres variations : favorable à la constructibilité avant 2020, il s'était accordé avec Hendaia Biltzen entre les deux tours, comme en témoigne une vidéo de débat, avant de redevenir pro-logements après sa rupture avec les abertzale en 2022.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le débat fantôme de Ciboure

À Ciboure, la tenue d'un débat entre les candidats Jean-Louis Poulou et le maire sortant Eneko Aldana-Douat alimente les tensions. Fin février, Poulou a conclu la présentation de son programme par une invitation publique à débattre, relayée dans la presse. Aldana-Douat nie avoir reçu toute demande formelle. L'outsider s'insurge, arguant que sa requête était clairement énoncée dans l'article. Interrogé sur l'absence de message individuel, il rétorque : « Quand je lui écris un mail, il met un mois à me répondre ! » Un début de dialogue pour le moins mouvementé.

La polémique bananière d'Urrugne

À Urrugne, la campagne a dérapé sur un sujet inattendu : les bananes. La candidate Martine Mignot-Carmé a moqué la promesse du maire Philippe Aramendi de privilégier le « kilomètre zéro » dans son projet de cuisine centrale, pointant du fromage du Cantal et des bananes bio de Côte d'Ivoire servis aux écoliers. Aramendi appelle au bon sens, défendant l'offre de produits sains et diversifiés. Reste à savoir, dimanche, lequel des deux se fera « bananer » par les électeurs.

Biarritz : des « mémés » au cœur de la campagne

À Biarritz, Françoise Mimiague, Jeannine Blanco et Brigitte Pradier ont ouvert le meeting de Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, incarnant la transmission intergénérationnelle. Quelques jours plus tôt, un post anonyme les qualifiait méchamment de « trois mémés que personne ne veut revoir ». Elles ont répondu par un élégant pied de nez, recevant un soutien massif sur les réseaux et dans la salle. L'anonyme gérontophobe a ainsi obtenu l'effet inverse escompté.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Les douches de plage : un recyclage d'idées problématique

À Biarritz, le sujet des douches de plage divise. Guillaume Barucq promet de les rétablir dès son élection, tandis que Maider Arosteguy, qui les avait supprimées, défend un container expérimental de désalinisation. Pour contrer les critiques, elle évoque les douches à eau potable recyclée de Cannes. Problème : celles-ci n'ont fonctionné qu'un été, en 2023, avant d'être abandonnées, une inexactitude qu'elle n'a pas vérifiée auprès du maire de Cannes, David Lisnard.

Toponymie et procédures judiciaires

Karfa Diallo, président de l'association « Mémoires et Partages », s'est rendu discrètement à Biarritz pour vérifier le respect de l'interdiction du toponyme « La Négresse ». Accompagné de l'ancien élu Galéry Gourret-Houssein, il a félicité la liste Biarritz Berri pour son usage du quartier Harausta, tout en critiquant Maider Arosteguy qui entend poursuivre le procès au Conseil d'État.

L'anonymat toxique des réseaux sociaux

La campagne biarrote prend des allures d'épisode de « Dallas » sur les réseaux sociaux. Faux comptes, pages anonymes, commentaires diffamatoires : la démocratie locale se pare souvent du pseudonyme. Les journalistes, identifiables et signant leurs articles, sont tour à tour accusés de proximité avec la majorité ou l'opposition, selon l'humeur des contributeurs anonymes qui préfèrent parler fort... mais de loin.

Un stationnement stratégique à Biarritz

L'équipe de Serge Blanco a dénoncé la réservation par arrêté municipal d'une place de parking devant sa permanence... pour un camion. Date d'effet : le 16 mars, au lendemain du premier tour. Le candidat ironise sur ce « hasard qui fait bien les choses », redoutant de voir son local masqué pendant l'entre-deux-tours décisif. Son porte-parole, Patrick Destizon, s'interroge : simple concours de circonstances ou mesquinerie de l'équipe sortante ?