Campagne municipale en Périgord : entre tractages et suspense politique
La campagne des élections municipales bat son plein en Dordogne, où bons mots et petites phrases rythment les échanges entre candidats. Du 16 au 22 février, plusieurs épisodes ont marqué le front politique périgordin, révélant stratégies et tensions à trois semaines du premier tour.
Le Rassemblement national en campagne permanente
Nadine Lechon, députée du Rassemblement national de la première circonscription, apparaît depuis quelques jours sur ses réseaux sociaux en pleine opération de tractage à Périgueux. Elle se dit « aux côtés de l'équipe engagée dans les municipales », mais à ce jour, le RN n'a toujours pas bouclé sa liste ni dévoilé sa tête de liste.
« Une autre candidature devrait être bientôt annoncée », a précisé Florence Joubert au journal Le Monde jeudi 19 février. Interrogée, Nadine Lechon botte en touche, expliquant qu'elle va « logiquement » sur le terrain, le RN « étant en campagne permanente ». Sur ses tracts, on retrouve sans surprise les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen, mais les têtes locales se font attendre.
Piques et alliances à Périgueux
L'ancien maire de droite de Périgueux, Antoine Audi, qui a présenté sa liste mardi 17 février aux halles place du Coderc, n'a pas pu s'empêcher d'envoyer une pique à ses concurrents. Il les accuse d'avoir préféré « des salles de meeting clinquantes », en référence aux présentations de Michel Cadet et Émeric Lavitola au centre Joséphine-Baker, et de Vincent Belloteau à la Filature.
Lors de sa conférence de presse, Antoine Audi était entouré de Philippe Chassaing et Patrick Palem, tous deux macronistes. Ce dernier était pourtant son concurrent direct en 2020. N'ayant pas uni leurs forces au second tour, ils avaient perdu alors qu'ils cumulaient à deux presque 60% des voix.
« Notre alliance a su tirer les leçons du passé et de nos erreurs », a insisté Antoine Audi en présentant leur liste commune pour la bataille 2026. Mais il oublie qu'un autre candidat de droite, Michel Cadet, est également en lice, repoussant l'union sacrée à plus tard.
Le marché, épicentre de la campagne
Le marché de Périgueux est devenu l'épicentre de la campagne municipale chaque samedi. Ne pas croiser de candidats relève de la mission impossible à trois semaines du premier tour. Michel Cadet offrait ainsi quelques roses lors de l'inauguration de sa permanence samedi 14 février, jour de la Saint-Valentin. Des fleurs inscrites et assumées dans son budget de campagne.
Les « coucous » dénoncés par Germinal Peiro
Avant chaque inauguration, Germinal Peiro, président du Département, fait passer le mot : seuls les financeurs des projets doivent prendre la parole. « Car ça évite les coucous », explique le socialiste, désignant ceux qui s'attribueraient les mérites des autres.
« Je pense aux députés du Rassemblement national », précise-t-il. « Ils s'attribuent les aides de l'État alors qu'ils ont voté contre à l'Assemblée nationale. »
Suspense à Bergerac
À Bergerac, le suspense était palpable autour du candidat de la société civile, Thierry Roux, encore inconnu dans le cénacle politique local il y a quelques mois. Alors que le dépôt à la préfecture est ouvert jusqu'au jeudi 26 février, il a finalement déposé sa liste vendredi 20 février. Les colistiers et le programme seront officiellement présentés mardi 24 février à 19 heures, dans ce que le candidat appelle « l'effet teasing ».
Contacté vendredi 20 février, le représentant de La France insoumise à Bergerac admettait qu'il serait sans doute difficile de monter une liste d'ici jeudi 26. Il manquerait, selon Jean-Louis Candau, « une grosse dizaine de personnes ». « On travaille mais il n'y a pas beaucoup de rendement », ajoute l'homme qui a quitté la liste de gauche menée par le socialiste Fabien Ruet il y a quelques semaines.
Risque inondations : un message ambigu
En Dordogne, la préfecture garde la tête froide. Sur son site dordogne.gouv.fr, un « Guide d'information des aides post-inondations/crues » est proposé en une. Au milieu, bien visible avec son aplat vert, il est proclamé : « Niveau de risque en cours : faible ». Étonnant dans un département qui, sans être grièvement sinistré, vit au rythme des crues et décrues depuis dix jours.
En cliquant sur l'icône, on découvre qu'il s'agit du risque pour les feux de forêts. De quoi semer la confusion chez les habitants préoccupés par les inondations.



