À Calais, les exilés au cœur d'une campagne municipale houleuse
Calais : les exilés, enjeu clé des municipales

Calais : les exilés, enjeu central des élections municipales

À Calais, les exilés, bien qu'invisibilisés depuis le démantèlement de la "jungle" en 2016, restent au cœur des débats politiques à l'approche des élections municipales. La maire Natacha Bouchart, ancienne des Républicains, mène une politique ferme pour empêcher leur retour en centre-ville, tandis que la gauche et les associations dénoncent vigoureusement ses actions, notamment l'installation de kilomètres de barbelés.

Une ville marquée par les choix politiques

Dès la sortie de la gare, les traces de cette politique sautent aux yeux. Sur le quai du Danube et de la Meuse, des dizaines de blocs de pierre blanchâtres et imposants ont été posés depuis septembre 2022. Cet enrochement, déployé dans toute la ville, vise à éviter que les exilés ne reviennent s'établir. Actuellement, entre 800 et 900 personnes seraient présentes dans le territoire du Calaisis, repoussées en périphérie après le démantèlement du campement qui a regroupé jusqu'à 10 000 personnes en partance pour l'Angleterre.

Hervé, bénévole pour l'association Salam, qui distribue chaque matin de la nourriture aux exilés, pointe du doigt les grilles entourant des entrepôts : "Regardez tous ces barbelés", intime-t-il depuis sa camionnette blanche. Ces installations symbolisent la politique antimigrants de la municipalité, critiquée pour son caractère répressif.

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Un contexte politique tendu

La maire Natacha Bouchart subit la concurrence du Rassemblement national, qui nourrit des ambitions dans cette ville érigée en symbole des difficultés à gérer les migrations. À gauche, on regrette amèrement de voir les exilés si malmenés, accusant la maire de mener une guerre contre les plus vulnérables. Les associations dénoncent une invisibilisation forcée des migrants, malgré leur présence persistante dans les débats locaux.

Le 19 février 2026, suite au démantèlement d'un campement d'exilés, la zone a été ratissée au bulldozer, avec des pierres posées pour en barrer l'accès. Seules les toilettes, à l'arrière-plan, subsistent, témoignant des conditions difficiles imposées aux exilés. Cette action illustre la détermination de la municipalité à éviter tout retour des migrants en centre-ville, une priorité affichée dans la campagne électorale.

Les réactions et perspectives

Les critiques fusent de toutes parts : la gauche accuse Natacha Bouchart de sacrifier les droits humains sur l'autel de la sécurité, tandis que les associations soulignent l'impact humanitaire désastreux de ces mesures. En réponse, la maire défend sa politique comme nécessaire pour maintenir l'ordre public et éviter les tensions sociales, arguant que Calais ne peut pas supporter un afflux massif de migrants.

Dans ce climat tendu, les exilés restent les grands oubliés, pris en étau entre des positions politiques diamétralement opposées. Alors que les municipales approchent, leur sort devient un enjeu électoral majeur, cristallisant les divisions et les passions dans une ville en proie à des défis migratoires complexes.

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