Bègles : l'union de la gauche scellée pour le second tour des municipales
Ils ne se sont pas épargnés durant la campagne électorale, mais le maire sortant écologiste Clément Rossignol Puech et le député La France insoumise Loïc Prud’homme ont finalement décidé de faire cause commune. Réunis côte à côte dans une salle de la Maison des associations à Bègles, mardi 17 mars à midi, les deux élus ont officiellement annoncé leur alliance pour le second tour des élections municipales, face à Christian Bagate.
Une première depuis longtemps
« C’est quand même une première depuis longtemps, toute la gauche sera réunie pour ce second tour », a déclaré Clément Rossignol Puech, confirmant une information révélée par Sud Ouest. Cette union intervient au surlendemain du premier tour et contraste avec la situation à Bordeaux, où le maire écologiste Pierre Hurmic a refusé tout accord avec La France insoumise.
Sur les 41 noms de la liste commune, dix colistiers de Loïc Prud’homme font leur entrée, le député lui-même fermant la marche en dernière position. « On a une histoire commune avec Loïc Prud’homme, on se connaît bien, on travaille ensemble depuis de nombreuses années », a tempéré Clément Rossignol Puech, précisant que leur accord avait été scellé dimanche soir.
Divergences surmontées
Les deux candidats ont dû lever plusieurs points de désaccord qui avaient marqué leur campagne. L’un des principaux sujets de friction concernait l’armement en pistolets à impulsion électrique de la police municipale, une initiative que Loïc Prud’homme avait qualifiée d’« extrême-droitisation des idées ».
« J’ai regretté ces propos, je l’ai dit à Loïc », a reconnu Clément Rossignol Puech, annonçant toutefois « mettre en pause l’achat de cet armement, le temps d’avoir un débat approfondi ». Il a insisté sur la nécessité d’« augmenter les effectifs de la police municipale, mais aussi d’étoffer les médiateurs de rue ».
De son côté, Loïc Prud’homme a défendu son appréciation sur les armes dites non létales, tout en se félicitant d’une solution « qui fasse consensus et qui soit efficace » pour une ville de Bègles « sûre et agréable à vivre ».
Un accord pragmatique
« On a un impératif : battre la droite et ce n’est pas une mince affaire. Je salue Clément qui a rendu cet accord possible », a déclaré Loïc Prud’homme. Le député a cependant apporté une précision sur le timing : ce n’est que « lundi matin très tôt » que les deux parties sont tombées d’accord.
Un autre point de divergence concernait la ZAC Bègles Garonne, dernier projet de l’aménageur Euratlantique, que Loïc Prud’homme avait décrit comme un « tapis rouge déroulé aux promoteurs » début février. « On grossit un peu le trait », a concédé le député, évoquant une « différence d’appréciation sur la méthode ».
Clément Rossignol Puech a prévu « un comité de pilotage commun » au sein de la future équipe municipale, qui « sera associé à l’ensemble des travaux », tout comme « l’ensemble des habitants et des entreprises ».
Une union face à la droite
« Il n’y a pas de guerre d’égos surdimensionnés. L’union est la manière la plus évidente de battre la droite », a souligné Clément Rossignol Puech. Cette « droite » est incarnée par Christian Bagate, candidat crédité de 33,65 % au premier tour, en nette hausse par rapport à 2020.
Christian Bagate, qui refuse d’être catégorisé et renvoie au classement « divers » de la préfecture, voit dans cette fusion de listes une forme de « reconnaissance » : « Ils ont la trouille. C’est pour ça qu’ils font n’importe quoi », a-t-il réagi.
La liste commune menée par Clément Rossignol Puech comprend des personnalités comme Edwige Lucbernet, première adjointe, Rémi Joussiaume, collaborateur parlementaire, ou encore Marie-Laure Piroth, professeure de collège. Loïc Prud’homme apparaît en dernière position, une place symbolique : « Nous souhaitons porter ces idées à Bègles, et il est important de laisser la place à ces jeunes et nouveaux élus », a-t-il justifié.



