Christian Bagate, candidat sans étiquette à Bègles : un passé politique qui resurgit
Christian Bagate, chef de file de l'opposition au maire écologiste de Bègles, se présente une nouvelle fois aux élections municipales sous la bannière de l'indépendance politique. Lors de son premier meeting de campagne le 15 janvier, le médecin généraliste et ancien président du CAB Omnisports a affirmé avec une pirouette : « Je ne sais pas où j'en suis moi-même », refusant toute étiquette partisane.
Un positionnement politique flou qui divise
Ses concurrents de gauche ne manquent pas de souligner ses ambiguïtés. Loïc Prud'homme, député LFI, le qualifie sans détour de « vraie droite ». Clément Rossignol Puech, le maire écologiste sortant, rappelle quant à lui que Bagate siège au sein du groupe de droite à Bordeaux Métropole, au sein de Métropole commune(s), qui rassemble des élus « de la droite, du centre et apparentés ». Le maire insiste : « Il faut assumer ce que l'on est et dire les choses tout simplement ».
Bagate se défend en expliquant son choix de siéger dans ce groupe : « Avec Philippe Poutou, j'étais le seul sans attache. Il m'a fallu comprendre comment ça fonctionnait : je suis allé là où le maire de Bègles n'était pas… Et pour m'affirmer un peu politiquement ». Il assure cependant ne pas avoir toujours suivi les consignes de vote, rejoignant parfois « les communistes » sur certaines questions.
Un collectif aux sensibilités variées
Au sein de sa liste, les positions politiques sont diverses. Isabelle Berrié, sa numéro 2, s'assume « de gauche » et précise que cette question n'est pas un sujet de discussion interne. Fabrice Delavoye, directeur de campagne, confirme : « Beaucoup de nos colistiers sont de gauche voire très à gauche. D'autres sont plutôt à droite. Le collectif béglais est sans étiquette et chacun le revendique avec force ».
Bagate martèle sa volonté de rassemblement : « Vous ne me ferez pas rentrer dans une boîte. Les partis divisent là où je veux rassembler ». Une philosophie qu'il applique depuis longtemps, comme en témoigne son programme de 1989, où il écrivait déjà : « Au-delà des partis, il y a des femmes et des hommes libres, qui ne sont jamais aussi forts que lorsqu'ils sont unis ».
Un passé chabaniste qui refait surface
L'histoire politique de Christian Bagate remonte à 1989, lorsqu'il s'était présenté aux municipales en tant que « candidat RPR », obtenant 7,84 % des voix. À l'époque, ce « chabaniste » revendiqué affirme avoir été « manipulé » et s'être retrouvé affublé de l'étiquette RPR contre son gré, sans jamais avoir demandé à adhérer au parti.
Cette expérience l'a éloigné de la politique locale pendant trente ans. Aujourd'hui, il conserve précieusement la dernière page de son ancien programme, où la mention RPR n'apparaît nulle part, preuve selon lui de sa constance dans le refus des étiquettes partisanes. « C'est moi qui l'ai écrit. C'est toujours d'actualité, non ? », interroge-t-il, soulignant la pérennité de son engagement pour une politique au-delà des clivages traditionnels.



