Municipales à Alès : La gauche se retire pour barrer la route au RN, un front républicain historique
Alès : La gauche se retire pour faire barrage au RN

Municipales à Alès : Un front républicain se forme après le retrait de trois listes

La journée du lundi 16 mars 2026 restera dans les annales politiques d'Alès, dans le Gard. Au lendemain d'un premier tour marqué par une percée inédite du Rassemblement national, trois listes ont annoncé leur retrait pour créer un front républicain historique. Cette décision signifie que, quel que soit le résultat du second tour prévu le dimanche 22 mars, le prochain conseil municipal ne comptera aucun élu issu d'une liste de gauche traditionnelle.

La gauche alésienne jette l'éponge face au RN

Après une longue nuit de discussions, le socialiste Basile Imbert, dont la liste "Alès commun" a obtenu 10,79% des voix, est le premier à prendre la parole en début d'après-midi. "Nous avons pris la décision de retirer notre candidature et de ne pas être candidats. Et les communistes feront de même !" déclare-t-il fermement.

Le jeune élu décrit le maire sortant Christophe Rivenq comme "un adversaire respectable et républicain, et très capable dans sa tâche", en l'opposant au candidat RN Anthony Bordarier qu'il qualifie de "candidat lepéniste que nous combattons". Basile Imbert lance un appel clair à ses électeurs : "J'appelle tous les gens qui ont voté pour nous à voter pour Christophe Rivenq. Et je le ferai, sans problème aucun !"

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Le vote décisif de Paul Planque

Du côté de Paul Planque, dont la liste "Alès, c'est Vous !" a récolté 15,06% des suffrages, la décision n'est prise qu'en début de soirée, après une assemblée générale mouvementée. Le conseiller municipal d'opposition sortant souligne que la décision finale est celle "du collectif entier", validée par un vote serré : 45 voix pour le retrait, 14 pour le maintien et neuf abstentions.

"La seule motivation est que nous avons la volonté de faire barrage au Rassemblement national. Il y a un risque certain sur notre ville", explique Paul Planque. "La peste brune s'étend et nous n'en voulons pas." Concernant la consigne de vote, le message est plus nuancé que celui de Basile Imbert : "Nous appelons à faire barrage au RN. Les électeurs sont libres de leurs votes."

La réaction du maire sortant

Christophe Rivenq, le maire sortant dont la liste "Alès" est arrivée en tête avec 32,61% des voix, salue ces décisions. "C'est honorable. Je les remercie pour ce geste républicain", déclare-t-il. Mais il tient à préciser qu'il n'a "rien demandé à personne" et réaffirme sa stratégie : "Je réaffirme que ma liste du second tour sera la même qu'au premier tour. On gagnera avec cette liste-là."

Le maire organisera une réunion publique le jeudi 19 mars à Lou Regain, boulevard Gambetta, pour présenter sa vision pour le second tour.

Le retrait stratégique de Marc Infantes

Marc Infantes, dont la liste divers droite "Alès, moderne et authentique" a obtenu 13,62% des voix, annonce également son retrait en début de soirée. "Je retire ma liste de cette élection et je ne donne aucune consigne de vote. Chacun votera selon ses convictions et en son âme et conscience", déclare l'ancien gendarme.

Il assume ce choix "mûrement réfléchi" et conclut philosophiquement : "Mieux vaut partir avec un esprit chevaleresque qu'avec un esprit revanchard qui ne vaut rien." Marc Infantes prévient cependant que "nous n'avons pas dit notre dernier mot. On va continuer de se battre pour Alès et les Alésiens", notamment via l'association qu'il préside.

Le RN maintient sa dynamique

Face à ces retraits coordonnés, le candidat du Rassemblement national Anthony Bordarier, dont la liste "Rassemblés pour Alès" a obtenu 26,44% des voix, cultive sa dynamique. Sur les réseaux sociaux, il affirme : "Avec 26,44% des voix, nous sommes aujourd'hui la seule liste en mesure de battre le maire sortant ; j'appelle donc tous les électeurs des listes suivantes à voter utile."

Le leader RN annonce une réunion publique le mercredi 18 mars à l'espace Cazot, après une conférence de presse en matinée, marquant ainsi le début d'une nouvelle phase de campagne.

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Un second tour aux enjeux redéfinis

La question centrale du second tour du 22 mars sera de savoir si ce front républicain improvisé fonctionnera. Les électeurs des listes qui viennent de se retirer représentaient ensemble près de 40% des suffrages exprimés au premier tour. Leur redistribution sera déterminante.

Basile Imbert lance un avertissement au maire sortant : "J'espère seulement que la droite n'oubliera pas à qui elle devra l'élection de Christophe Rivenq s'il est élu." Paul Planque renchérit : "Les combats vont continuer."

Cette configuration inédite à Alès, ancienne cité minière traditionnellement de gauche jusqu'en 1995, témoigne des recompositions politiques à l'œuvre dans de nombreuses villes françaises face à la montée du Rassemblement national.