Dominique de Villepin dénonce la guerre contre l'Iran et plaide pour une solution politique
Villepin : contre la guerre en Iran, pour une solution politique

Dominique de Villepin s'élève contre l'intervention militaire en Iran

Dans une tribune publiée le 28 février 2026, l'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin exprime une vive opposition à ce qu'il qualifie de « nouvelle guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l'Iran ». Il estime que cette action « ne sert ni la paix, ni la démocratie, ni le droit » et représente une approche unilatérale dangereuse.

Un peuple pris en étau entre répression et bombardements

Villepin décrit un peuple iranien souffrant depuis un demi-siècle sous un régime qu'il juge tyrannique et meurtrier, confronté à la pauvreté induite par les sanctions et maintenant pris entre les bombes venues du ciel et la répression interne. Il souligne que l'aspiration à la liberté des Iraniens est légitime, mais que l'intervention militaire actuelle, selon lui, n'en tient aucun compte.

« Elle ajoute de la souffrance à la souffrance », déplore-t-il, évoquant des frappes ayant touché des civils innocents, comme dans une école de filles dans le sud du pays. Il accuse cette guerre d'obéir à une logique de puissance et de coercition, où les peuples ne sont qu'un argument, jamais une finalité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les risques d'une spirale incontrôlable

L'ancien chef du gouvernement met en garde contre l'ouverture d'une spirale de représailles dont personne ne maîtrise l'issue, l'ampleur ou le coût humain. Il pointe du doigt ce qu'il perçoit comme du cynisme et de l'irresponsabilité, exposant les pays du Golfe et du Moyen-Orient à des risques majeurs sans garantie de sécurité.

Il regrette également que les négociations n'aient jamais été menées à leur terme, facilitant ainsi, selon lui, le recours automatique à la guerre. Villepin estime que sans engagement au sol, le régime iranien pourrait survivre et se durcir encore, renforçant les Gardiens de la révolution et les Bassidji dans un contexte d'état d'exception.

L'échec historique des changements de régime par la force

L'ancien Premier ministre rappelle qu'aucune intervention militaire visant à imposer la démocratie dans un grand pays n'a jamais atteint son but. Il compare la situation potentielle à celle de l'Irak en 2003, où la chute d'un dictateur a débouché sur une décennie de guerre civile.

« Une démocratie ne s'exporte pas par ultimatum », affirme-t-il. « Elle se construit par des institutions, des garanties, un État de droit, et par la volonté d'un peuple, librement exprimée. »

La proposition d'une voie alternative

Villepin propose une approche différente, qu'il qualifie de seule responsable : celle du droit et de la politique. Il appelle à :

  1. Arrêter l'escalade et faire cesser les frappes et représailles
  2. Protéger prioritairement les civils
  3. Ouvrir des canaux de désescalade
  4. Remettre la crise dans un cadre de légitimité collective via une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU

Le rôle crucial de l'Europe

L'ancien Premier ministre voit un rôle essentiel pour l'Europe dans la mobilisation d'une coalition politique de puissances européennes et régionales. Cette coalition pourrait, selon lui, se porter garante d'une transition négociée vers la démocratie et d'une reconstruction ambitieuse de l'Iran.

Il propose de dissocier les objectifs :

  • Sur le nucléaire et les missiles : une négociation vérifiable et contrôlée
  • Sur les droits humains : une stratégie de vérité, de preuve et de sanctions ciblées contre les responsables de la répression
  • Sur l'avenir politique : un principe intangible que l'avenir de l'Iran ne peut être dicté de l'extérieur mais doit être rendu aux Iraniens

Villepin conclut en affirmant que le Moyen-Orient n'a pas besoin d'une nouvelle guerre, mais d'un nouveau contrat fondé sur des souverainetés viables, une sécurité collective et un développement partagé. « Le courage, aujourd'hui, n'est pas de frapper. Le courage est de tenir la règle quand tout pousse à la rompre », écrit-il, estimant que c'est la seule force qui protège durablement.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale