La politique étrangère de Trump analysée comme une kleptocratie par des experts
Trump : une politique étrangère kleptocratique selon des experts

La politique étrangère de Trump : entre réalisme supposé et kleptocratie avérée

L'obsession de Donald Trump pour la résolution des conflits internationaux a souvent été attribuée à son désir d'obtenir le prix Nobel de la paix ou à sa volonté de défendre les intérêts américains via la doctrine America First. Cependant, et si le réalisme souvent prêté au président américain n'était qu'une façade destinée à masquer une réalité bien plus troublante ?

Une analyse qui remet en cause les motivations profondes

Alexander Cooley, professeur de sciences politiques et vice-doyen au Barnard College, développe cette thèse dans un article paru dans Foreign Affairs, coécrit avec Daniel Nexon, professeur à Georgetown. Ils qualifient la politique trumpiste de kleptocratique, un terme qui désigne un système où le pouvoir est utilisé pour s'enrichir personnellement.

Dans un entretien accordé à L'Express, Cooley dissèque plusieurs cas qu'il juge symptomatiques d'un mélange entre décisions diplomatiques et intérêts privés. Il identifie cette logique dans des dossiers sensibles comme ceux concernant l'Iran, la Russie et la Chine, suggérant que les actions de Trump dépassent le simple cadre du réalisme en relations internationales.

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Le réalisme en question

L'Express : De nombreux analystes décrivent la politique de Donald Trump comme réaliste, un courant selon lequel le système international est anarchique et que chaque État doit avant tout assurer sa survie. Vous n'êtes pas d'accord…

Alexander Cooley : Absolument. Ils se fondent à tort sur le fait que Donald Trump rejette le libéralisme au niveau national et international. Je fais référence au respect de l'État de droit, de la séparation des pouvoirs, du multilatéralisme et de l'ordre mondial fondé sur des règles. Bien que critiquable, ce cas de figure impliquerait que Trump et son entourage seraient principalement motivés par les intérêts nationaux, comme l'affirme la Stratégie de sécurité nationale de 2025.

Or, ce n'est pas ce qui ressort d'un certain nombre d'initiatives prises par le président américain en matière de politique étrangère. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump n'a cessé de créer des canaux convergeant vers des intérêts privés, tant pour lui que pour des membres de sa famille et autres alliés politiques.

Des motivations avant tout personnelles

Cela ne signifie pas que l'équipe présidentielle chargée de la politique étrangère n'est pas mue par une logique réaliste. Ni même que, parfois, les intérêts personnels de Trump puissent coïncider avec l'intérêt de la nation. Simplement, les motivations du président américain lui-même sont avant tout kleptocratiques.

Cette analyse met en lumière une dimension souvent négligée de la diplomatie trumpienne, où les considérations privées semblent primer sur les stratégies étatiques traditionnelles. Les exemples cités par Cooley illustrent comment des décisions apparemment fondées sur le réalisme peuvent en réalité servir des agendas personnels, brouillant ainsi les frontières entre intérêt public et privé.

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