Le ministre des Transports salue le courage des Français évacués d'une zone de guerre
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a exprimé son admiration pour la « grande dignité » des passagers rapatriés dimanche depuis le Moyen-Orient, une région en proie à des conflits violents. Ces voyageurs ont enduré un périple particulièrement éprouvant, marqué par des retards, des déroutements et des conditions de transport difficiles.
Un voyage semé d'embûches et d'émotions fortes
Interrogé sur France Info, Philippe Tabarot a détaillé les épreuves vécues par ces citoyens. « C'était un vol qui devait arriver jeudi soir à Dubaï […] Et ces personnes, depuis jeudi soir, ont vécu un ascenseur émotionnel terrible parce qu'ils étaient déjà à l'aéroport quand les attaques ont eu lieu, et donc ils ont compris qu'ils ne pourraient pas prendre ce vol », a-t-il affirmé. Le ministre a souligné la complexité du trajet : « Pour la plupart, ils ont 24 heures de voyage, je dirais notamment avec une dizaine d'heures de bus entre Dubaï et le Sultanat d'Oman. Et puis un passage à la frontière qui est très difficile et très long également, et un embarquement qui a été assez laborieux. Donc vraiment c'est un vol très particulier et ils ont une grande dignité ».
Des rapatriements organisés dans l'urgence
Depuis le début de cette crise internationale, le gouvernement français a mis en place des mesures exceptionnelles pour assurer le retour de ses ressortissants. Plus de 1 000 Français ont ainsi pu regagner le territoire national grâce à des vols spécialement affrétés. Jeudi soir, un avion d'Air France, chargé de cette mission humanitaire depuis les Émirats arabes unis, avait dû faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone, illustrant les dangers persistants.
Dans la nuit de dimanche, 330 personnes sont finalement arrivées à l'aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle, via le troisième vol de rapatriement civil organisé par les autorités. Parmi elles, des familles, de nombreux enfants et des personnes en situation de handicap, dont certains avaient vécu des moments de grande détresse.
Témoignages poignants de rescapés
Les récits des rapatriés mettent en lumière l'angoisse et la fatigue accumulées. Philippe, un touriste français revenant avec sa femme et son fils de Dubaï, a confié : « J'avais envie de pleurer, de me retrouver chez moi en France avec la femme et le petit, à l'abri ». Il a décrit avoir assisté aux « explosions dans le ciel » et subi « quatre fois des vols annulés » avant que l'ambassade ne leur donne un rendez-vous pour un bus de dix heures vers Oman.
Adrien, un jeune homme rapatrié d'Abou Dhabi, a relaté que sa dernière semaine de vacances avait « commencé avec les bombardements, les alertes sur les téléphones, qui réveillaient en pleine nuit », plongeant son séjour dans un climat de peur et d'incertitude.
Une mobilisation gouvernementale continue
Philippe Tabarot a également annoncé que, en plus des vols commerciaux, trois vols militaires avaient été organisés pour accélérer les évacuations, et qu'un quatrième était prévu dans la journée. Cette opération de grande ampleur démontre l'engagement de l'État à protéger ses citoyens à l'étranger, même dans des contextes hautement périlleux.
Le ministre a conclu en réitérant son hommage à la résilience de ces voyageurs, dont le calme et la patience ont permis de surmonter des obstacles logistiques et sécuritaires majeurs, témoignant d'une force collective face à l'adversité.



