La Russie dénonce l'expulsion de Xenia Fedorova
Moscou fustige l'expulsion d'une diplomate russe

La diplomatie russe a vivement réagi, ce jeudi, à l'arrêté d'expulsion pris à l'encontre de Xenia Fedorova, employée de l'ambassade de Russie à Paris. Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères dénonce une « persécution politique » et annonce des mesures de rétorsion. Cette décision française, qui s'inscrit dans un contexte de tensions bilatérales, pourrait entraîner une nouvelle escalade diplomatique entre Paris et Moscou.

Une réaction immédiate de Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué dans la matinée, affirmant que l'expulsion de Xenia Fedorova est « un acte injustifié et hostile » . Selon la diplomatie russe, cette mesure « ne peut être qualifiée que de persécution politique » . Le communiqué précise que « des représailles seront prises en conséquence » , sans toutefois détailler la nature de ces mesures. Cette déclaration intervient quelques heures seulement après l'annonce de l'arrêté par les autorités françaises.

Les faits reprochés à la diplomate

Xenia Fedorova, qui était en poste à l'ambassade de Russie à Paris, est accusée par la France d'activités « contraires aux intérêts de la sécurité nationale » . Selon des sources proches du dossier, elle aurait été impliquée dans des opérations d'ingérence, notamment en tentant de recueillir des informations auprès de personnalités politiques et de journalistes français. L'arrêté d'expulsion a été signé mercredi par le ministère de l'Intérieur, et la diplomate a été priée de quitter le territoire français sous 48 heures.

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Un contexte de tensions accrues

Cette expulsion intervient dans un climat déjà très dégradé entre la France et la Russie. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Paris a multiplié les mesures de rétorsion contre Moscou, notamment l'expulsion de plusieurs diplomates russes en 2022. En retour, la Russie a expulsé des diplomates français. Les deux pays s'accusent mutuellement d'ingérence et d'espionnage. En mars dernier, la France avait déjà expulsé un autre diplomate russe, soupçonné de préparer des actions de déstabilisation.

Une décision jugée disproportionnée par Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères estime que la décision française est disproportionnée et qu'elle ne repose sur aucune preuve concrète. « Les accusations portées contre notre compatriote sont infondées et relèvent de la provocation » , peut-on lire dans le communiqué. Moscou dénonce également une « campagne de russophobie » menée par certains cercles politiques français. La diplomatie russe affirme que Fedorova n'a fait qu'exercer ses fonctions diplomatiques dans le cadre de la convention de Vienne.

Des précédents récents dans les relations bilatérales

Les relations entre la France et la Russie n'ont cessé de se dégrader depuis 2021. En avril 2021, la France avait déjà expulsé deux diplomates russes en réponse à des actions jugées hostiles. En 2022, après la découverte de charniers à Boutcha, Paris avait expulsé 35 diplomates russes. Moscou avait alors réagi en expulsant 34 diplomates français. Plus récemment, en 2023, la France avait dénoncé des tentatives d'ingérence de la Russie dans les élections européennes, via des campagnes de désinformation en ligne.

Quelles conséquences pour les relations bilatérales ?

Cette nouvelle expulsion risque d'aggraver encore les tensions entre les deux pays. Selon des analystes, elle pourrait conduire à une nouvelle réduction des effectifs diplomatiques dans les deux capitales. La Russie a déjà annoncé qu'elle répondrait par des mesures symétriques. « Nous ne laisserons pas ces actes sans réponse » , a déclaré un porte-parole du ministère russe. De son côté, la France justifie sa décision par la nécessité de protéger ses intérêts de sécurité nationale.

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La réaction de la communauté internationale

La communauté internationale observe cette affaire avec attention. Les États-Unis ont apporté leur soutien à la France, tandis que d'autres pays européens, comme l'Allemagne, ont exprimé leur solidarité avec Paris. En revanche, la Chine a appelé à la retenue et au dialogue. Cette affaire survient alors que l'Union européenne s'apprête à adopter de nouvelles sanctions contre la Russie. Certains diplomates européens craignent que cette expulsion ne complique les efforts de médiation dans le conflit ukrainien.

Un précédent pour d'autres pays européens ?

Cette décision française pourrait inspirer d'autres pays européens confrontés à des ingérences russes. Plusieurs États baltes, la Pologne et la République tchèque ont déjà expulsé des diplomates russes pour des motifs similaires. Selon des experts, cette pratique tend à se généraliser. « Les expulsions sont devenues un outil de réponse face aux menaces hybrides » , explique Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France à Moscou. Il souligne toutefois que ces mesures restent symboliques et n'empêchent pas les services de renseignement russes de poursuivre leurs activités.

La position de Xenia Fedorova

Xenia Fedorova, qui a quitté la France dans les délais impartis, n'a pas fait de déclaration publique. Son avocat, contacté par l'AFP, a dénoncé « une décision arbitraire » et a annoncé son intention de saisir la justice administrative. Selon lui, les accusations portées contre sa cliente ne reposent sur aucune preuve tangible. Il a également évoqué un « climat de suspicion généralisée » à l'égard des Russes en France. Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la communauté russe en France, qui se dit inquiète de la stigmatisation croissante.

Les conséquences pour la sécurité nationale française

La France justifie cette expulsion par la nécessité de lutter contre les ingérences étrangères. Selon le ministère de l'Intérieur, les activités de Xenia Fedorova représentaient une menace pour la sécurité nationale. Cette décision s'inscrit dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui renforce les moyens de lutte contre l'espionnage. La France a également mis en place un service de vigilance contre les ingérences étrangères, rattaché au ministère des Affaires étrangères. Selon des sources officielles, une vingtaine de cas d'ingérence sont traités chaque année.

Vers une escalade incontrôlée ?

Les observateurs redoutent une escalade incontrôlée entre Paris et Moscou. La Russie pourrait expulser plusieurs diplomates français en réponse, voire fermer des consulats. Certains experts estiment que cette affaire pourrait également compromettre les canaux de dialogue restés ouverts entre les deux pays, notamment sur la question ukrainienne. « Chaque expulsion réduit les possibilités de négociation et augmente les risques d'incident » , analyse Tatiana Kastouéva-Jean, chercheuse à l'IFRI. Elle appelle à la retenue des deux côtés.