Le chancelier allemand revient sur sa promesse d'envoyer des missiles Taurus à l'Ukraine
Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré mercredi qu'il n'était plus nécessaire d'envoyer des missiles de croisière Taurus à longue portée pour aider à défendre l'Ukraine contre l'invasion russe. Cette décision met fin à un débat de longue date à Berlin, où la question des livraisons d'armes sophistiquées à Kiev avait suscité de vives controverses.
Un revirement de position notable
Lorsqu'il était dans l'opposition, Friedrich Merz s'était personnellement engagé à fournir ces missiles à l'Ukraine. Cependant, depuis son entrée en fonction en mai dernier, il est revenu sur cette position. Répondant aux questions des députés au Bundestag à Berlin, le chancelier a expliqué que ses propos initiaux avaient été formulés « dans un contexte différent », à un moment où il « supposait que la Bundeswehr disposait d'un nombre suffisant de missiles de croisière Taurus opérationnels dans ses stocks pour pouvoir approvisionner l'Ukraine ».
Merz a ajouté que les progrès significatifs de l'Ukraine en matière de développement d'armes nationales avaient rendu inutile le débat sur les missiles Taurus. Cette déclaration intervient alors que Kiev réclamait depuis longtemps ces missiles, mais que Berlin avait toujours refusé de s'engager ouvertement, craignant une escalade des tensions avec la Russie, puissance nucléaire.
Le Royaume-Uni durcit sa position contre la flotte fantôme russe
Parallèlement, le Royaume-Uni a annoncé des mesures renforcées contre la « flotte fantôme » russe. L'armée britannique pourra désormais arraisonner et saisir des navires sous sanctions appartenant à cette flotte s'ils pénètrent dans les eaux territoriales du Royaume-Uni. Cette annonce a été faite mercredi par le bureau du Premier ministre Keir Starmer.
Une flotte de contournement des sanctions
Londres a déjà sanctionné 544 navires soupçonnés d'appartenir à cette flotte fantôme russe, composée principalement de pétroliers vieillissants. Cette flotte permet à Moscou de contourner les sanctions occidentales imposées depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. La mesure britannique représente un durcissement significatif de la réponse occidentale aux tentatives russes de contournement des sanctions économiques.
Contexte plus large du conflit ukrainien
Ces développements surviennent dans un contexte où, après plus de quatre ans de guerre, la perspective de paix reste lointaine. Malgré les efforts de médiation, les armes continuent de parler entre l'Ukraine et la Russie. Les deux belligérants ne parviennent pas à se mettre d'accord sur des questions fondamentales, notamment le statut des territoires occupés militairement par les forces russes.
Par ailleurs, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé mercredi qu'il comptait « réduire progressivement les livraisons de gaz » à l'Ukraine, tant que celle-ci n'aura pas rétabli l'approvisionnement en pétrole russe via l'oléoduc Droujba. Cette déclaration ajoute une dimension énergétique aux tensions diplomatiques entourant le conflit.
Les récentes déclarations de Friedrich Merz sur les missiles Taurus, combinées aux mesures britanniques contre la flotte fantôme russe, illustrent l'évolution complexe des positions occidentales dans le conflit ukrainien. Alors que certains pays durcissent leur réponse aux actions russes, d'autres ajustent leur soutien militaire à Kiev en fonction de l'évolution des capacités ukrainiennes et des considérations stratégiques.



