En 1962, le monde retient son souffle. Au cœur de la Guerre froide, la tension atteint son point de rupture : les Américains ont pointé leurs missiles vers l'Est depuis la Turquie et l'Italie, et Moscou se sent menacé. Le 15 octobre 1962, le président Kennedy reçoit des clichés aériens révélant l'impensable : des rampes de missiles nucléaires soviétiques sont installées sur l'île de Cuba, à moins de 200 km des côtes américaines. C'est l'opération Anadyr. Pour les États-Unis, une ligne rouge est franchie ; Kennedy ordonne le blocus maritime de l'île. La guerre nucléaire n'a jamais été aussi proche.
L'intervention inattendue du Vatican
Dans l'ombre des deux géants, un acteur inattendu s'invite à la table des discussions : le Vatican. Le pape Jean XXIII prend le rôle de médiateur. Il rédige un appel à la paix qu'il fait passer aux ambassades américaine et soviétique. Le message est diffusé par Radio Vatican et repris par les médias du monde entier. Selon les historiens, cet appel n'a pas fondamentalement changé la manière dont l'administration Kennedy gérait la crise, mais côté soviétique, il aurait eu un impact significatif. Khrouchtchev y a vu une bonne raison de calmer le jeu.
Un micro-État sans armée qui fait dialoguer les superpuissances
Le Vatican, ce micro-État sans armée, sans espions et sans services de renseignement, parvient donc, avec l'appui d'autres intermédiaires, à faire dialoguer le Kremlin et la Maison-Blanche. Les tensions s'apaisent : Kennedy signe un engagement de non-invasion de Cuba, Khrouchtchev retire ses missiles, la crise s'achève. Le téléphone rouge est installé et la Guerre froide bascule dans la Détente. Cet épisode illustre le rôle diplomatique intense du Saint-Siège, un rôle crucial presque invisible qui trouvera son maître d'œuvre à la fin des années 1970.
Le podcast « Nid d'espions » explore les réseaux du Vatican
Dans cet épisode de Nid d'espions, le podcast de L'Express consacré au renseignement, Charlotte Baris et Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction de L'Express et spécialiste des questions d'espionnage, plongent dans l'histoire du Vatican et de ses réseaux d'espionnage. L'épisode a été écrit par Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris et Etienne Girard, monté et réalisé par Jules Krot. Crédits : INA. Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent. Visuel : Alice Lagarde.



