Kim Jong-un pose ses conditions pour un rapprochement avec Washington
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a conditionné, mercredi, tout rapprochement possible avec les États-Unis à la reconnaissance officielle du statut nucléaire de son pays. Cette position ferme a été exprimée à l'issue du 9e congrès du Parti des travailleurs de Corée du Nord, qui s'est achevé par un défilé militaire imposant, selon l'agence officielle KCNA.
Une condition non négociable pour Pyongyang
Kim Jong-un a affirmé que les relations bilatérales pourraient évoluer positivement si Washington modifiait fondamentalement sa position. « Si Washington respecte le statut actuel de puissance nucléaire de notre pays tel qu'il est stipulé dans la Constitution et abandonne sa politique hostile, il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les États-Unis », a-t-il déclaré, selon les médias d'État.
La Corée du Nord a inscrit son statut nucléaire dans sa Constitution et répète régulièrement qu'elle n'abandonnera jamais son arsenal stratégique. Cette déclaration intervient dans un contexte où la capacité nucléaire du pays continue de progresser de manière significative.
Relations ambivalentes avec les États-Unis
Cette prise de position marque une évolution notable par rapport au précédent congrès du parti en 2021, lorsque Kim Jong-un avait qualifié les États-Unis de « plus grand ennemi » de la Corée du Nord. Cependant, les relations entre Washington et Pyongyang restent caractérisées par une ambivalence profonde.
Lors d'une tournée en Asie l'an dernier, l'ancien président américain Donald Trump s'était dit « ouvert à 100 % » à une rencontre avec Kim Jong-un, reconnaissant même que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire ». Pyongyang n'avait toutefois pas répondu à cette proposition et maintient sa position de principe sur la dissuasion nucléaire comme élément central de sa sécurité nationale.
Un durcissement marqué envers la Corée du Sud
En revanche, Kim Jong-un a adopté une ligne beaucoup plus ferme et définitive vis-à-vis de la Corée du Sud. Il a annoncé que Pyongyang cesserait « à jamais » de considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes, rejetant catégoriquement les initiatives de dialogue engagées depuis juin par le président sud-coréen Lee Jae Myung, qu'il a qualifiées de « trompeuses ».
Le dirigeant nord-coréen a affirmé que la Corée du Nord « n'a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes ». Cette position confirme la rupture officielle entre les deux États, malgré les appels répétés de Séoul à reprendre les discussions bilatérales et à rétablir un dialogue constructif.
Capacités nucléaires en expansion
Parallèlement à ces déclarations diplomatiques, la capacité nucléaire nord-coréenne continue de progresser à un rythme soutenu. La présidence sud-coréenne estimait en janvier dernier que Pyongyang produisait chaque année suffisamment de matière fissile pour assembler jusqu'à vingt armes atomiques supplémentaires.
Cette augmentation constante des capacités militaires nucléaires renforce la position de négociation de la Corée du Nord sur la scène internationale, tout en compliquant considérablement les perspectives de dénucléarisation de la péninsule coréenne.



