Iran-USA : Abbas Araghtchi évoque une rencontre jeudi à Genève sur le nucléaire
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a annoncé dimanche 22 février la possibilité d'un nouveau rendez-vous avec la délégation américaine ce jeudi à Genève, en Suisse. Cette rencontre aurait pour objectif principal de discuter du programme nucléaire iranien, qui reste au cœur des tensions entre les deux nations.
Des pourparlers focalisés sur le nucléaire
Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CBS, Abbas Araghtchi a déclaré travailler « sur les éléments d'un accord ». « Je crois que lorsque nous nous rencontrerons, probablement ce jeudi à Genève, nous pourrons travailler sur ces points, préparer un bon texte et parvenir rapidement à un accord », a-t-il précisé. Le diplomate a insisté sur le fait que les négociations portent uniquement sur le nucléaire, excluant pour l'instant d'autres sujets comme les missiles balistiques ou le soutien iranien à des groupes armés dans la région.
Le ministre a également estimé qu'il existait « de bonnes chances » de résoudre les différends avec Washington par la voie diplomatique. Cependant, il a averti : « Si les États-Unis nous attaquent, nous avons tout à fait le droit de nous défendre », ajoutant que toute réponse face à un « acte d'agression » serait justifiée et légitime.
La pression américaine et l'ultimatum de Trump
De son côté, l'émissaire américain Steve Witkoff a révélé samedi que le président Donald Trump s'étonne de la résistance iranienne. Interrogé sur Fox News, il a déclaré : « Je ne veux pas employer le mot “frustré”, parce qu'il sait qu'il a de nombreuses alternatives, mais il se demande pourquoi ils n'ont pas... capitulé ». Trump avait lancé un ultimatum de quinze jours à l'Iran pour conclure un accord, menaçant sinon de « mauvaises choses ».
Malgré le déploiement militaire américain dans la région, incluant deux porte-avions, Witkoff a reconnu qu'il était « difficile de les amener à ce stade ». Les deux pays viennent d'achever mardi une deuxième session de pourparlers indirects près de Genève, sous médiation omanaise.
Contexte et enjeux du programme nucléaire iranien
Les pays occidentaux, dont les États-Unis, soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément fermement. L'Iran insiste sur son droit à l'enrichissement d'uranium à des fins civiles. Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran est le seul pays non doté de l'arme nucléaire à enrichir de l'uranium à 60%, un seuil qui permet de passer rapidement aux 90% nécessaires pour un usage militaire.
Cet enrichissement contraste avec l'accord de 2015, que Donald Trump a dénoncé en 2018, qui limitait le taux à 3,67%. L'Iran cherche aujourd'hui à négocier la levée des sanctions économiques qui asphyxient son économie depuis des décennies, entraînant une hyperinflation chronique et une dépréciation du rial, phénomène qui a déclenché de vastes manifestations en décembre.
Rencontre avec Reza Pahlavi et tensions régionales
L'émissaire américain Steve Witkoff a également confirmé avoir rencontré Reza Pahlavi, fils du chah déchu, sur instruction de Donald Trump. Installé aux États-Unis, Reza Pahlavi s'est dit prêt à conduire l'Iran vers un « avenir démocratique et laïque », alors que Trump avait évoqué un « changement de régime » comme la meilleure solution pour le pays.
Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a quant à lui assuré que Donald Trump ne réussirait pas à détruire la République islamique d'Iran. Ces déclarations illustrent les profondes divergences qui persistent entre les deux nations, malgré les efforts diplomatiques en cours.
Alors que la communauté internationale observe avec attention ces développements, la rencontre de jeudi à Genève pourrait être décisive pour l'avenir des relations entre l'Iran et les États-Unis, ainsi que pour la stabilité régionale au Moyen-Orient.



