Un rapport copiloté par l'Observatoire « Défense et climat » du ministère des Armées et l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), dévoilé ce mardi 19 mai 2026, met en lumière une « guerre informationnelle » autour du changement climatique. L'étude analyse l'instrumentalisation de l'information climatique par des puissances étrangères, pointant du doigt la Russie et les États-Unis.
Des fake news au service d'intérêts économiques
Selon le rapport, les fausses nouvelles climatiques servent avant tout des intérêts économiques. La désinformation russe en Europe est souvent dissimulée et vise principalement le Pacte vert européen et les réglementations climatiques de l'UE. Les institutions européennes, l'Allemagne et l'Ukraine sont les cibles les plus fréquentes.
Les scientifiques expliquent que la Russie cherche à maintenir le statu quo carboné pour préserver ses exportations de pétrole et de gaz, essentielles à son économie. En semant le doute sur la réalité du changement climatique, ces campagnes visent à freiner la transition écologique européenne et à retarder l'adoption de politiques énergétiques réduisant la dépendance aux hydrocarbures.
Une désinformation américaine assumée
À la différence de la Russie, la désinformation américaine est moins dissimulée. 24 % des contenus analysés proviennent de canaux officiels d'État, notamment du site de la Maison-Blanche. Les cibles récurrentes sont les institutions européennes, l'Ukraine et le Royaume-Uni.
Les intérêts économiques sont également en jeu : l'administration Trump cherche à maintenir ou renforcer la dépendance mondiale aux énergies fossiles, appuyée par le secteur privé et des think tanks climatosceptiques. Mais le rapport souligne aussi une dimension idéologique : la désinformation climatique américaine sert les idéologies conservatrices et réactionnaires incarnées par Donald Trump, et est captée par la sphère complotiste.
Des préconisations pour contrer le phénomène
Face à ce constat, les scientifiques recommandent d'anticiper et de prévenir ces phénomènes, de les prendre davantage au sérieux, et d'assurer le maintien de sources d'information fiables sur le climat. Ils notent que la désinformation climatique d'origine étrangère est encore peu prise en compte au niveau européen et français.



