L'Iran et les États-Unis négocient un accord nucléaire avec des enjeux économiques majeurs
Iran-USA : Négociations nucléaires et enjeux économiques

L'Iran et les États-Unis relancent les pourparlers nucléaires avec des objectifs économiques

L'Iran cherche activement à conclure un accord nucléaire avec les États-Unis qui apporterait des bénéfices économiques significatifs aux deux parties, a déclaré dimanche un diplomate iranien. Cette annonce intervient à quelques jours seulement du deuxième cycle de discussions directes entre Téhéran et Washington, marquant une étape cruciale dans la résolution de leur différend vieux de plusieurs décennies.

Un contexte diplomatique tendu

Les négociations entre l'Iran et les États-Unis ont repris plus tôt ce mois-ci dans le but de régler le contentieux sur le programme nucléaire iranien et d'éviter une nouvelle confrontation militaire. Cependant, le climat reste tendu : les États-Unis ont déployé un deuxième porte-avions dans la région et se préparent à une éventuelle campagne militaire prolongée si les pourparlers échouent, selon des responsables américains cités par Reuters.

"Pour assurer la pérennité d'un accord, il est essentiel que les États-Unis bénéficient également dans des domaines à rendement économique élevé et rapide", a affirmé Hamid Ghanbari, directeur adjoint de la diplomatie économique au ministère iranien des Affaires étrangères, dans des propos rapportés par l'agence semi-officielle Fars.

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Des intérêts économiques communs au cœur des discussions

Le diplomate iranien a adopté un ton conciliant dimanche, malgré les menaces de riposte à toute attaque américaine. "Les intérêts communs dans les secteurs pétrolier et gazier, les champs conjoints, les investissements miniers, et même les achats d'avions sont inclus dans les négociations", a-t-il précisé. Hamid Ghanbari a également estimé que l'accord nucléaire de 2015 avec les grandes puissances n'avait pas suffisamment garanti les intérêts économiques américains.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a pour sa part déclaré lors d'une conférence de presse à Bratislava que le président Donald Trump avait clairement indiqué la priorité de la diplomatie et d'un règlement négocié. "Personne n'a jamais réussi à conclure un accord avec l'Iran, mais nous allons essayer", a-t-il affirmé, soulignant la difficulté historique des négociations.

Le spectre de l'accord de 2015 et des sanctions

En 2018, Donald Trump avait retiré les États-Unis de l'accord de 2015, qui prévoyait un allègement des sanctions contre l'Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire. Cette décision avait conduit à la réimposition de sanctions économiques sévères, créant un contexte particulièrement complexe pour les nouvelles négociations.

Une délégation américaine de haut niveau à Genève

Une source avait indiqué vendredi à Reuters qu'une délégation américaine comprenant les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner rencontrerait des responsables iraniens mardi à Genève. Cette réunion a été confirmée dimanche par un haut responsable iranien. "Steve Witkoff et Jared Kushner vont se déplacer, je pense qu'ils voyagent en ce moment même, pour tenir des réunions importantes, et nous verrons ce qu'il en ressortira", a déclaré Marco Rubio, sans fournir davantage de détails.

Un format de négociation différent

Contrairement aux discussions multilatérales qui avaient mené à l'accord de 2015, les négociations actuelles se déroulent uniquement entre l'Iran et les États-Unis, avec Oman comme médiateur. Cette configuration bilatérale pourrait accélérer le processus mais présente également des risques accrus en cas d'échec.

La position iranienne : flexibilité et exigences

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a quitté Téhéran pour Genève afin de participer aux pourparlers nucléaires indirects avec les États-Unis. Il doit également rencontrer le directeur de l'AIEA, l'agence onusienne de surveillance du nucléaire, ainsi que d'autres responsables.

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Le vice-ministre des Affaires étrangères Majid Takht-Ravanchi a signalé la disponibilité de l'Iran à faire des compromis sur son programme nucléaire en échange d'une levée des sanctions. Il a déclaré à la BBC dimanche qu'il revenait aux États-Unis de "prouver qu'ils veulent conclure un accord".

Le haut responsable a évoqué la déclaration du chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, qui a affirmé lundi que le pays pourrait accepter de diluer son uranium le plus fortement enrichi en échange de la levée des sanctions, comme exemple de la flexibilité de l'Iran.

Cependant, il a réaffirmé que Téhéran n'accepterait pas une absence totale d'enrichissement d'uranium, un point qui avait constitué un obstacle majeur l'an dernier. Washington considère en effet l'enrichissement sur le sol iranien comme une voie potentielle vers l'arme nucléaire, tandis que l'Iran nie catégoriquement vouloir se doter d'une telle arme.