Le président iranien exclut toute ambition nucléaire militaire
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a fermement assuré jeudi 26 février que son pays ne cherchait absolument pas à se procurer des armes nucléaires. Cette déclaration intervient alors que débutent à Genève, en Suisse, une nouvelle série de pourparlers indirects avec les États-Unis. « Notre guide suprême [l'ayatollah Ali Khamenei] a déjà déclaré que nous n'aurons pas du tout d'armes nucléaires », a affirmé le chef de l'État iranien lors d'un discours public. Il a ajouté : « Même si je voulais aller dans cette direction, je ne le pourrais pas, d'un point de vue doctrinal, je n'y serais pas autorisé. »
Troisième cycle de discussions depuis la reprise du dialogue
Les délégations iranienne et américaine se retrouvent ce jeudi à Genève pour ce qui constitue le troisième cycle de discussions depuis la reprise du dialogue début février à Oman. Depuis janvier, les deux parties affichent une ouverture à la négociation tout en maintenant une posture militaire ferme, laissant ainsi planer l'incertitude sur l'issue de ces échanges. Les discussions de cette journée se concentreront exclusivement sur la question nucléaire, selon le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, qui a précisé que le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) devrait y participer.
Les missiles balistiques iraniens au cœur des tensions
Cette focalisation sur le seul volet nucléaire représente un point de friction majeur entre les deux nations. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a qualifié cette posture de « gros problème », accusant Téhéran de refuser catégoriquement d'aborder son programme de missiles balistiques. Washington insiste pour inclure ce dossier dans les négociations, ainsi que la question du soutien iranien à des groupes armés hostiles à Israël.
Le président américain, Donald Trump, qui a déployé un dispositif militaire massif dans le Golfe, a réitéré mardi ses accusations envers l'Iran, parlant de « sinistres ambitions nucléaires ». Il a également alerté sur les capacités militaires iraniennes : « L'Iran a développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases militaires », a-t-il déclaré, ajoutant que le pays cherchait à concevoir des engins encore plus puissants, capables « d'atteindre bientôt les États-Unis ».
Déni iranien et arsenal militaire
Le ministère des affaires étrangères iranien a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de « gros mensonges ». L'Iran maintient avoir limité la portée de ses missiles à 2 000 km. Le pays dispose néanmoins d'un arsenal conséquent d'engins développés localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël et certaines nations d'Europe orientale.
Divergences persistantes sur l'agenda des négociations
Marco Rubio a souligné lors d'une conférence de presse à Saint-Kitts-et-Nevis : « Donald Trump souhaite des solutions diplomatiques. Il les préfère, il les préfère largement. » Cependant, il a insisté sur la nécessité d'élargir les discussions : « Je ne qualifierais donc pas la journée de demain [jeudi] autrement que comme une série de discussions, qui, je l'espère, seront productives, mais au final, vous savez, nous devrons discuter d'autres sujets que le seul programme nucléaire. »
La République islamique, quant à elle, souhaite strictement limiter les négociations au volet nucléaire et exige en contrepartie la levée des sanctions économiques qui asphyxient son économie.
Une « opportunité historique » selon Téhéran
Malgré ces profondes divergences, l'Iran se montre optimiste. Le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, qui dirige la délégation aux négociations, a évoqué une « opportunité historique », affirmant qu'un accord était « à portée de main ». Le président Pezeshkian a, pour sa part, parlé d'une « perspective favorable », exprimant l'espoir de sortir de « cette situation “ni guerre ni paix” ».
Néanmoins, M. Araghchi a tempéré cet optimisme dans un communiqué publié tôt jeudi, soulignant que « le succès de ces négociations dépend du sérieux de l'autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires ».
Contexte international et délégations
Les États-Unis sont représentés dans ces pourparlers par l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président Trump. Notons que ces discussions se déroulent en parallèle d'autres négociations américaines avec l'Ukraine, également basées à Genève ce jeudi.
Ces rencontres font suite à cinq cycles de négociations tenus l'an dernier, interrompus brutalement après l'attaque israélienne contre l'Iran en juin, qui avait déclenché une guerre de douze jours. Les États-Unis, alliés d'Israël, y avaient brièvement participé en effectuant des frappes contre des sites nucléaires iraniens.



