Iran : Téhéran dénonce les « gros mensonges » américains avant les pourparlers de Genève
Iran dénonce les mensonges américains avant Genève

L'Iran rejette les accusations américaines avant des pourparlers cruciaux

La République islamique d'Iran a vivement démenti les allégations formulées par les États-Unis concernant son programme nucléaire et ses capacités balistiques, les qualifiant de « gros mensonges ». Cette réplique intervient à la veille de nouvelles discussions diplomatiques prévues jeudi à Genève, sous l'égide du sultanat d'Oman. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a fermement rejeté sur la plateforme X les déclarations du président américain Donald Trump.

Des accusations et une voie diplomatique privilégiée

Dans son discours sur l'état de l'Union devant le Congrès, Donald Trump avait affirmé que l'Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases » militaires. Il a ajouté que Téhéran travaillait à concevoir des missiles « qui pourront atteindre bientôt les États-Unis » et poursuivait ses « sinistres ambitions nucléaires ». Malgré ces accusations graves, le président américain a déclaré privilégier la voie diplomatique pour résoudre la crise, tout en menaçant de ne jamais permettre à l'Iran, qu'il décrit comme le « principal soutien mondial du terrorisme », d'acquérir l'arme nucléaire.

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a estimé qu'un accord était « à portée de main », à condition que la diplomatie soit privilégiée. Il a évoqué une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent » qui respecterait les intérêts mutuels des deux nations. L'Iran insiste sur son droit au nucléaire civil, garanti par le Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire, tout en niant toute ambition militaire.

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Un contexte régional tendu et des manifestations étudiantes

Les tensions sont exacerbées par le déploiement militaire massif des États-Unis dans la région du Golfe, accompagné de menaces d'attaque en cas d'échec des négociations. Les pourparlers nucléaires, qui avaient repris le 6 février à Mascate après cinq sessions l'an dernier, avaient été interrompus par la guerre de douze jours déclenchée en juin suite à une attaque israélienne, durant laquelle Washington avait bombardé des sites nucléaires iraniens.

Parallèlement, la situation intérieure en Iran reste volatile. Donald Trump a accusé les autorités iraniennes d'avoir tué 32 000 personnes lors de la répression des manifestations de janvier, un chiffre faramineux que Téhéran conteste catégoriquement. Les responsables iraniens reconnaissent plus de 3 000 morts, mais imputent les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël. L'organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a pour sa part recensé plus de 7 000 morts, principalement des manifestants, en précisant que le bilan réel est probablement bien plus élevé.

Depuis la reprise des cours samedi, des étudiants des universités de Téhéran ont recommencé à manifester contre le pouvoir. Des vidéos authentifiées par l'AFP montrent des étudiants brûlant le drapeau de la République islamique et scandant « Mort au dictateur », en référence au guide suprême Ali Khamenei. La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a reconnu leur droit de manifester tout en les mettant en garde contre le franchissement de « lignes rouges ». Selon un habitant de Téhéran, ces protestations se limitent actuellement aux grandes universités.

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