Dans un article publié par Libération, Rita Halász, historienne de l'art hongroise, livre une analyse personnelle et politique de la défaite de Viktor Orbán aux élections législatives hongroises. Pour elle, ce revers est le fruit d'un rejet profond de l'illibéralisme et de la corruption qui gangrènent le pays depuis douze ans.
Un espoir teinté de prudence
Halász décrit l'atmosphère à Budapest le soir du scrutin : une joie mêlée d'incrédulité. Les partisans de l'opposition, rassemblés place Kossuth, ont célébré une victoire inespérée. Pourtant, l'historienne met en garde contre un optimisme excessif. « La machine Orbán est défaite, mais ses racines sont profondes », écrit-elle. La société hongroise reste divisée, et les médias pro-gouvernementaux continuent d'influencer une partie de l'opinion.
Les raisons d'une chute
Plusieurs facteurs expliquent selon elle la défaite d'Orbán : l'usure du pouvoir, les scandales de corruption, la gestion controversée de la pandémie, et surtout la montée d'une opposition unie autour de Péter Márki-Zay. Mais Halász souligne aussi le rôle de la société civile et des artistes, qui ont su maintenir un espace de résistance culturelle. « Les intellectuels ont été les gardiens de la démocratie », affirme-t-elle.
Un avenir incertain
L'historienne reste lucide sur les défis à venir. La nouvelle coalition devra reconstruire les institutions, restaurer l'État de droit et renouer avec l'Union européenne. Mais elle craint que les divisions internes ne freinent les réformes. « Le chemin sera long, mais la défaite d'Orbán est une victoire pour la démocratie », conclut-elle.
Cet article, publié le 23 mai 2025, offre un éclairage unique sur un événement politique majeur, vu par une observatrice engagée et érudite.



