Une convocation diplomatique exceptionnelle à Bruxelles
Le ministre belge des affaires étrangères, Maxime Prévot, a convoqué mardi 17 février l'ambassadeur des États-Unis à Bruxelles, Bill White, dans un contexte de tensions diplomatiques inédites. Cette convocation fait suite à des déclarations publiques de l'ambassadeur américain sur le réseau social X, où il a accusé les autorités belges d'antisémitisme et critiqué le ministre de la santé.
Les accusations de l'ambassadeur américain
Bill White, fondateur d'une société de consultance, donateur de la campagne de Donald Trump et ambassadeur depuis novembre 2025, a réagi à une enquête judiciaire en cours à Anvers. Cette enquête concerne trois mohels, des spécialistes formés pour pratiquer la circoncision rituelle sur des bébés âgés de 8 jours dans la communauté juive orthodoxe.
Les trois praticiens font l'objet d'une enquête pour avoir effectué des circoncisions sans la présence d'un médecin, ce qui est obligatoire selon la législation belge. Dans son message sur X, M. White a déclaré que « l'antisémitisme est inacceptable sous toutes ses formes et doit être éradiqué de [la] société » et a demandé au parquet d'Anvers de mettre fin à ce qu'il qualifie de « poursuites ridicules et antisémites ».
L'origine de l'enquête judiciaire
Le parquet d'Anvers a décidé d'ouvrir cette enquête après le dépôt d'une plainte en 2023 par un rabbin dissident de la communauté juive d'Anvers. Cette plainte a mis en lumière des pratiques présumées illégales de circoncision rituelle, soulevant des questions sur le respect des procédures médicales obligatoires.
La situation a rapidement dépassé le cadre judiciaire pour devenir un enjeu diplomatique entre la Belgique et les États-Unis. La convocation de l'ambassadeur par le ministre Prévot marque une escalade significative dans cette affaire sensible.
Les implications diplomatiques
Cette crise intervient à un moment où les relations internationales sont déjà complexes. Les accusations d'antisémitisme portées par un représentant diplomatique américain contre un pays allié européen créent un précédent inquiétant. Le gouvernement belge doit maintenant naviguer entre le respect de sa propre législation et la gestion d'une crise diplomatique majeure.
Les observateurs politiques soulignent que cette affaire pourrait avoir des répercussions sur :
- Les relations bilatérales entre la Belgique et les États-Unis
- La perception internationale de la lutte contre l'antisémitisme en Europe
- L'équilibre entre liberté religieuse et respect des lois nationales
La suite de cette affaire dépendra largement des explications fournies par l'ambassadeur White lors de sa convocation et de la capacité des deux parties à trouver un terrain d'entente.



