Un matin de juillet 2025, un chauffard lancé à vive allure au volant d'un SUV en plein centre-ville de Nice a fait basculer la vie de Jessica à tout jamais. Il a été condamné par le tribunal correctionnel.
Les faits : un accident violent à Nice
Il était 6 h 20 ce 12 juillet 2025. À l'intersection des rues Scaliero et de Roquebillière à Nice, Jessica range du matériel dans son coffre. Elle s'apprête à retrouver ses filles qui l'attendent pour partir en vacances. Quelques secondes plus tard, sa vie bascule. Un SUV noir lancé à vive allure manque son virage.
Le choc est d'une violence extrême. Le véhicule percute l'arrière de la voiture stationnée de Jessica, qui se trouvait toujours derrière. La jeune femme de 30 ans a les jambes broyées et se vide de son sang. Malgré l'horreur, le conducteur du SUV enclenche une marche arrière et prend la fuite. Fort heureusement, un jeune homme courageux va porter secours à la mère de famille.
Interpellation et profil du conducteur
Loué deux jours avant l'accident, le SUV qui porte les traces de l'impact et le sang de Jessica est retrouvé à Nice. Son conducteur, Denovane Ethe, 24 ans, est interpellé le 14 juillet. Dans le box, le chauffard fuyard qui rentrait ce matin-là d'une soirée à Cannes explique avoir « pris peur », mais assure qu'il comptait se rendre. Son casier judiciaire est éloquent : au moins six infractions sur dix liées à des délits routiers, auxquelles s'ajoutent des infractions à la législation sur les stupéfiants.
Les conséquences pour la victime
Depuis l'accident, Jessica vit en fauteuil roulant. La mère de famille peut compter sur le soutien de sa mère, de son frère et de son ex-compagnon, sans lesquels il lui serait impossible d'avancer. À l'audience, elle dévoile sa jambe meurtrie « pour qu'il comprenne ». Une nouvelle intervention l'attend. « Je me fais opérer mercredi. J'ai 60 % de chances que ça réussisse. La dernière chirurgienne ne voulait plus rien tenter et parlait d'amputation », lâche-t-elle d'une voix brisée. Durant un an, Jessica va devoir se faire opérer à maintes reprises.
Me Audrey Vazzana, avocate de la partie civile, ne mâche pas ses mots : « Il l'a laissé les jambes en lambeaux ». Le conseil rappelle aussi une phrase prononcée par le prévenu lors de son audition : « Je l'ai emplâtrée. » « On peut perdre la maîtrise de son véhicule, mais pas la maîtrise de soi-même », martèle-t-elle. Et d'ajouter : « C'est quoi la prochaine étape pour ce jeune homme ? L'homicide involontaire ? ».
Le procès et la condamnation
Le ministère public, qui évoque une infirmité permanente et une vie à jamais meurtrie, réclame une peine mixte : cinq ans d'emprisonnement dont deux ans avec sursis probatoire durant trois ans, ainsi que la révocation d'un précédent sursis. La défense, représentée par Me David-André Darmon, ne s'oppose pas au principe d'une peine mixte, mais demande au tribunal d'écarter certaines circonstances aggravantes « qui n'ont pas été démontrées ».
Après délibéré, le tribunal a suivi en partie les réquisitions. Denovane Ethe a été condamné à cinq ans d'emprisonnement dont deux ans assortis d'un sursis probatoire pendant trois ans. Son permis de conduire a été annulé avec interdiction de le repasser avant sept ans. Son précédent sursis d'un an a également été révoqué.



