Thierry Breton regrette le manque de soutien politique européen après les sanctions américaines
Breton critique le soutien européen après sanctions américaines

Un ancien commissaire européen déçu par la réponse institutionnelle

Une certaine amertume se fait sentir chez Thierry Breton. Ce mercredi, l'ancien commissaire européen a clairement exprimé ses regrets concernant l'absence de soutien politique ferme de la part de la Commission européenne, suite aux sanctions américaines qui le visent personnellement. Lors de son audition en visioconférence devant le Parlement européen, il a détaillé comment l'exécutif européen s'était jusqu'à présent limité à lui proposer une prise en charge, partielle ou totale, de ses frais d'avocat pour contester cette décision, sans aucune initiative politique directe de leur part.

Une affaire qui dépasse la personne

Interdit de séjour aux États-Unis depuis décembre 2025, Thierry Breton est accusé par le département d'État américain de pratiques de « censure », en lien direct avec son rôle dans la mise en œuvre du règlement européen sur les services numériques, le fameux DSA. Il a insisté avec force sur la nécessité absolue d'une intervention politique au plus haut niveau pour résoudre ce différend devenu emblématique. « Ce qui m'importe fondamentalement, c'est de veiller à ce qu'un dialogue substantiel soit engagé au plus haut niveau politique, à l'instar de celui que le président Macron propose d'ouvrir avec le président Donald Trump. C'est, à mon avis profond, la seule solution viable pour dissiper ce malentendu persistant », a-t-il déclaré devant les parlementaires.

La défense de l'autonomie réglementaire européenne

L'ancien dirigeant du groupe informatique Atos a également souligné, avec une grande clarté, que cette affaire dépassait largement sa simple situation personnelle pour concerner en réalité l'indépendance même des institutions européennes. « Il est nécessaire et urgent d'avoir une discussion au sommet pour annuler cette décision unilatérale. Non seulement pour mon cas particulier, mais aussi et surtout parce que nous devons nous assurer et clarifier pour tous que notre législation, nos règles communes, suivent un processus démocratique très rigoureux et doivent être respectées », a-t-il affirmé avec conviction, appelant ainsi à défendre résolument l'autonomie réglementaire européenne face aux pressions extérieures grandissantes.

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L'intervention directe d'Emmanuel Macron

Dans ce contexte diplomatique tendu, le président français Emmanuel Macron est personnellement intervenu auprès de son homologue américain Donald Trump pour demander explicitement la levée de ces sanctions qui visent plusieurs citoyens européens, dont Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou. Dans une lettre officielle révélée par La Tribune Dimanche et consultée par l'AFP, le chef de l'État français estime sans ambages que « les sanctions adoptées contre Thierry Breton portent atteinte de manière significative à l'autonomie réglementaire européenne et se fondent, de surcroît, sur des analyses erronées et partiales ». Il souligne avec force que la législation numérique européenne s'applique sans aucune discrimination et uniquement sur le territoire de l'Union européenne, rejetant ainsi les accusations américaines.

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