Une diplomatie américaine pro-Trump crée des tensions sans précédent en Europe
Les relations entre les États-Unis et plusieurs pays européens traversent actuellement une période particulièrement turbulente, marquée par des incidents diplomatiques inhabituels et des accusations publiques venant d'ambassadeurs américains proches de l'ancien président Donald Trump.
L'incident belge : accusations d'antisémitisme et convocation
Ce mardi 17 février, l'ambassadeur américain en Belgique, Bill White, connu pour son soutien fervent à Donald Trump, a été officiellement convoqué par le ministère belge des Affaires étrangères. Cette convocation fait suite à des publications sur le réseau social X dans lesquelles l'ambassadeur a accusé la Belgique d'antisémitisme.
La controverse a éclaté après que trois mohels (figures traditionnelles juives pratiquant la circoncision) ont été poursuivis en justice pour avoir effectué des circoncisions sans la présence d'un médecin, ce qui est strictement interdit par la législation belge. Dans ses attaques, Bill White a également visé personnellement le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, qu'il a qualifié de "très impoli" pour avoir refusé de lui serrer la main et de poser pour une photographie.
Lors de l'entretien aux Affaires étrangères, la haute fonctionnaire Theodora Gentzis a rappelé fermement à l'ambassadeur américain que "toute ingérence dans nos institutions démocratiques franchit une ligne qui ne peut être franchie". Elle a souligné avec insistance que "le dialogue doit être fondé sur le respect de nos institutions et de notre souveraineté".
L'escalade continue malgré les avertissements
Malgré cette convocation officielle et les efforts apparents pour apaiser la situation, Bill White a persisté dans ses positions controversées. Quelques jours plus tard, il a menacé Conner Rousseau, président du parti politique Vooruit, en exigeant des excuses pour une vidéo partagée sur Instagram trois semaines plus tôt, qui critiquait la police américaine de l'immigration (ICE).
Cette attitude agressive de la part de diplomates américains n'est malheureusement pas un cas isolé en Europe. Elle s'inscrit dans une tendance plus large de positions diplomatiques de plus en plus conflictuelles de la part de représentants américains proches des cercles trumpistes.
La Pologne confrontée à un incident similaire
Quelques jours avant l'incident belge, le 5 février, un autre diplomate américain avait déjà créé la controverse en Pologne. Thomas Rose, ambassadeur américain à Varsovie depuis novembre 2025, a annoncé rompre tout contact avec Wlodzimierz Czarzasty, président de la Chambre basse du parlement polonais.
Cette décision radicale fait suite à des déclarations de Czarzasty lors d'une conférence de presse, où il avait affirmé que Donald Trump "ne le mérite pas" en référence au prix Nobel de la paix. Sur le réseau social X, l'ambassadeur américain a qualifié ces propos d'"insultes scandaleuses" qui nuisent "sérieusement" aux "excellentes relations avec le premier ministre Donald Tusk et son gouvernement".
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a précisé que la diplomatie polonaise restait "en contact régulier avec Thomas Rose, ainsi qu'avec les autorités américaines". La Maison-Blanche, quant à elle, est restée étrangement silencieuse face à cet incident. L'affaire a suscité un vif débat public en Pologne, où 44% des citoyens approuvent la décision de Czarzasty de ne pas soutenir Donald Trump.
La France également concernée
La France n'a pas été épargnée par ce style diplomatique particulier. Dès août 2025, le Quai d'Orsay avait déjà convoqué l'ambassadeur américain, Charles Kushner, après que celui-ci avait accusé Paris de ne rien faire face à la montée de l'antisémitisme dans le pays.
Comme en Belgique et en Pologne, les autorités françaises avaient jugé ces interventions publiques "inédites et insultantes", rappelant avec fermeté que la Convention de Vienne impose aux diplomates de respecter les lois et les affaires intérieures de l'État qui les accueille.
Ces incidents successifs soulèvent des questions fondamentales sur l'évolution des relations transatlantiques et le respect des normes diplomatiques établies. Ils mettent en lumière les tensions croissantes entre certains représentants américains et les gouvernements européens, dans un contexte politique international de plus en plus polarisé.



