Le retrait annoncé de troupes américaines en Europe n'a pas d'impact sur la capacité de défense de l'Otan, a affirmé mardi son commandant suprême en Europe, le général américain Alexus Grynkewich. « Je veux souligner que cette décision n'a pas d'impact sur la mise en œuvre de nos plans régionaux » de défense, a-t-il assuré devant la presse, en réponse à une question sur la décision de Donald Trump de redéployer hors d'Europe quelque 5 000 militaires américains stationnés en Allemagne.
Une décision sans conséquence selon le général Grynkewich
« À mesure que les alliés renforcent leurs capacités, les États-Unis peuvent retirer une partie des leurs et les utiliser pour d'autres priorités mondiales, donc je suis très à l'aise avec la situation actuelle », a-t-il souligné. « Nous devons donc nous attendre, avec le temps, à un redéploiement des forces américaines à mesure que les alliés développent leurs propres capacités » de défense, a-t-il encore indiqué, sans toutefois donner de calendrier.
Un processus progressif sur plusieurs années
Ce dernier dépendra de la capacité des pays européens de l'Otan à renforcer leurs capacités de défense, conformément aux engagements pris au dernier sommet de l'Alliance à La Haye en 2025, a-t-il expliqué. Les pays de l'Otan s'étaient alors engagés à consacrer au moins 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à des dépenses de sécurité. « Je ne peux donc pas vraiment vous donner de calendrier exact : ce sera un processus continu pendant plusieurs années », a expliqué le général Grynkewich, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion des représentants militaires des 32 pays membres de l'Otan.
La diminution des effectifs américains annoncée début mai par le Pentagone deviendra effective dans les « six à douze prochains mois » et correspond à environ 15 % des 36 000 soldats stationnés en Allemagne, où cette présence joue un rôle crucial pour la sécurité et l'économie locale.
Le contexte politique de la décision
Donald Trump en est venu à cette annonce après que le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé que « les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale. La décision de la Maison-Blanche avait pris les Alliés par surprise, au moment où ils s'efforcent d'anticiper et de coordonner un éventuel désengagement américain en Europe.
« Chaque chef d'état-major présent a reconnu que ce type d'ajustement était quelque chose auquel ils savaient qu'il fallait s'attendre. Donc, vous savez, il y a eu une coordination, il y avait l'anticipation que cela se produirait, et nous allons rester parfaitement synchronisés avec nos alliés à l'avenir », a toutefois promis le général Grynkewich.



