La Lituanie se tourne vers l'Ukraine pour renforcer son arsenal face à la menace russe
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Lituanie est l'un des pays européens les plus vigilants. Sa position géographique, voisine de l'enclave russe de Kaliningrad et du Bélarus, la place en première ligne des tensions régionales. Le chef de son armée, Raimundas Vaiksnoras, a révélé dans un entretien au journal allemand Welt que Vilnius envisage d'acquérir des drones longue portée et des missiles de croisière ukrainiens.
Une priorité stratégique : l'autonomie militaire
« Disposer de capacités qui nous appartiennent et que nous contrôlons nous-mêmes est une priorité - éventuellement en commun avec l'Ukraine ou en reprenant sa technologie », a déclaré le général Vaiksnoras. Il a souligné les restrictions d'emploi des systèmes fabriqués par les pays occidentaux, qui peuvent exclure « des cibles dans certaines zones ». Cette approche vise à garantir une plus grande flexibilité opérationnelle pour le petit État balte.
Les systèmes ukrainiens comme instrument de dissuasion
« Les Ukrainiens sont bons, ils ont déjà développé plusieurs systèmes de longue portée », a ajouté l'officier, citant le système de drone missile Palianytsia, le drone Liutyi, et le missile de croisière FP-5 Flamingo. « Nous étudions de telles options » afin d'en faire un « instrument de dissuasion », même si la Lituanie « dépend » de ses alliés de l'Otan. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie de renforcement des capacités défensives nationales.
Un contexte de tensions régionales persistantes
Depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et le début de la guerre en Ukraine il y a quatre ans, la Lituanie a intensifié ses efforts militaires. Membre de l'Otan depuis 2004, elle a :
- Rétabli la conscription en 2015
- Augmenté ses dépenses militaires au-delà des 2 % du PIB
- Milité pour une présence renforcée des forces alliées sur le flanc Est
En décembre, le groupe franco-allemand KNDS a annoncé la commande par Vilnius de 30 canons Caesar, éprouvés sur le front ukrainien, en plus de 18 acquis en 2022.
La position géographique : un défi stratégique majeur
La Lituanie est située dans une zone particulièrement sensible. Voisine de l'enclave russe de Kaliningrad et du Bélarus, elle se trouve au cœur des tensions régionales. Près du « corridor de Suwalki », souvent considéré comme un talon d'Achille de l'Otan qui pourrait être la première cible d'une hypothétique attaque russe, l'armée lituanienne entend créer un nouveau « champ de manœuvre ».
Ce projet de nouvelle installation militaire, qui prendrait selon le général Vaiksnoras « deux ou trois ans » à être réalisé, doit d'abord passer l'obstacle du parlement. Cette initiative vise à renforcer la posture défensive du pays dans une région où les risques sécuritaires restent élevés.



