Au cœur des forêts du Tennessee se cache le laboratoire américain ultra-stratégique de recherche d'Oak Ridge. Le 4 juin dernier, les plus grands experts américains sur le traitement de l’uranium et des centrifugeuses nucléaires ont eu la surprise de voir débarquer dans leur centre les deux envoyés spéciaux de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner.
Un programme intensif pour comprendre les bases
Objectif : permettre à l’ex-magnat de l’immobilier et au gendre du président américain de comprendre les rudiments de l’extraction et de la dilution de l’uranium enrichi. Un programme ambitieux en un jour au vu d'un sujet aussi technique, mais une formation pourtant indispensable avant d’entamer les 60 jours de négociations face à un adversaire iranien redoutable.
Des négociateurs iraniens redoutables
Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères, et ses négociateurs, rompus à l’exercice, sont réputés pour avoir un bagage encyclopédique en la matière. Le contraste est saisissant avec les représentants américains, dont les lacunes techniques ont déjà eu des conséquences graves.
"Witkoff a déjà fait preuve de son ignorance sur les questions techniques nucléaires lors des tractations avant la guerre. Il n’avait pas compris ce que l’Iran proposait. C’est l’un des éléments déclencheurs qui a conduit Trump à attaquer l’Iran", rappelle Mark Fitzpatrick, diplomate américain, qui a été secrétaire adjoint à la non-prolifération au sein du Département d’État.
Cette formation express intervient alors que les tensions entre Washington et Téhéran restent vives. Les enjeux sont considérables : il s'agit de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien, un dossier ultra-sensible qui conditionne l'équilibre géopolitique au Moyen-Orient.
Les critiques estiment que cette initiative tardive souligne le manque de préparation de l'équipe Trump. Cependant, les partisans de la formation soulignent qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre, surtout face à un adversaire aussi aguerri que l'Iran.



