Le Canada envisage de diversifier ses achats militaires en se tournant vers l'Europe, tout en conservant des relations étroites avec Washington. Cette décision stratégique vise à accroître l'indépendance et la résilience du pays, comme l'explique Stephen Fuhr, secrétaire d'État canadien à l'Approvisionnement de défense, dans une interview accordée à L'Express.
Une volonté d'indépendance accrue
« Nous voulons être plus indépendants, plus résilients et moins dépendants de notre voisin du Sud », déclare Stephen Fuhr. Il précise toutefois que le Canada « reste partenaire et ami » avec les États-Unis. L'objectif est de « diversifier ses partenariats pour ne pas dépendre excessivement d'un seul pays », une approche qui s'inscrit dans une stratégie de long terme.
Une hausse spectaculaire des dépenses de défense
Cette nouvelle orientation intervient alors que le Canada augmente considérablement son budget militaire. Selon Stephen Fuhr, le pays a mis dix ans pour passer d'un peu moins de 1 % à 1,5 % de son PIB consacré à la défense, puis seulement huit mois pour atteindre 2 %. Cette augmentation rapide des dépenses offre des opportunités importantes pour les industriels européens, qui pourraient bénéficier de nouveaux contrats.
Des retombées économiques locales recherchées
Ottawa souhaite également que cette hausse des dépenses profite à l'économie nationale. « Si nous allons engager cet argent, faisons-en davantage au Canada lorsque nous le pouvons », explique le secrétaire d'État. Cette volonté de rapatrier une partie des investissements pourrait influencer les futurs appels d'offres et les choix technologiques du Canada.
La frontière commune de 8 891 kilomètres entre le Canada et les États-Unis n'empêche pas Ottawa de regarder vers l'Europe pour ses prochains achats militaires, tout en maintenant une coopération transfrontalière essentielle.



