Selon une étude de la Banque postale publiée ce lundi 22 juin, les communes françaises ont investi massivement en 2025, avec une hausse de 15 % de leurs dépenses d'équipement par rapport à 2024, atteignant un niveau record de 45 milliards d'euros. Cependant, cette dynamique s'est accompagnée d'un alourdissement significatif de leur endettement, qui a progressé de 12 % pour s'établir à 98 milliards d'euros.
Des investissements records portés par la transition écologique
Les investissements communaux ont été principalement orientés vers la rénovation énergétique des bâtiments publics, les infrastructures de transport doux (pistes cyclables, bornes de recharge électrique) et l'adaptation au changement climatique. « Les communes ont saisi les opportunités offertes par les subventions de l'État et de l'Union européenne, mais elles ont dû recourir à l'emprunt pour financer le reste à charge », explique François Vidal, économiste à la Banque postale.
Les dépenses d'équipement ont bondi de 15 % en 2025, après une hausse de 8 % en 2024. Cette accélération s'explique par la mise en œuvre des plans climat-air-énergie territoriaux et par le lancement de grands projets d'aménagement urbain.
Une dette qui inquiète les élus locaux
La dette globale des communes a atteint 98 milliards d'euros fin 2025, contre 87,5 milliards un an plus tôt. Cette progression de 12 % est la plus forte depuis 2010. « Nous sommes confrontés à un paradoxe : nous investissons pour l'avenir, mais nous creusons notre endettement. Sans une revalorisation des dotations de l'État, cela deviendra insoutenable pour certaines petites communes », alerte Marie Durand, maire d'une commune de 3 000 habitants dans l'Ain.
La capacité de désendettement des communes s'est dégradée, passant de 7,2 ans en 2024 à 8,1 ans en 2025, au-dessus du seuil d'alerte de 8 ans fixé par la loi de programmation des finances publiques.
Des disparités territoriales marquées
L'étude de la Banque postale révèle de fortes disparités entre les territoires. Les communes de plus de 10 000 habitants concentrent 68 % de la dette totale, tandis que les petites communes rurales, bien que moins endettées en valeur absolue, présentent un ratio d'endettement par habitant plus élevé. « Les communes rurales ont moins de marges de manœuvre fiscales et dépendent davantage des subventions. Elles sont les plus vulnérables face à la hausse des taux d'intérêt », précise François Vidal.
En 2025, les taux d'intérêt moyens des emprunts communaux ont augmenté de 0,8 point, atteignant 2,5 %, ce qui a renchéri le coût de la dette de 1,2 milliard d'euros sur l'année.
Des perspectives contrastées pour 2026
Pour 2026, les prévisions de la Banque postale tablent sur une stabilisation des investissements, mais avec un endettement qui pourrait encore progresser de 5 à 6 %. « Les communes devront arbitrer entre poursuivre leurs projets et maîtriser leur dette. Certaines pourraient être contraintes de reporter des investissements si les conditions de financement se durcissent », avertit l'économiste.
L'Association des maires de France (AMF) a réclamé une réforme de la dotation globale de fonctionnement (DGF) et un accès facilité aux emprunts verts pour les collectivités. « Nous demandons que l'État prenne en compte l'effort d'investissement des communes dans le calcul de leurs dotations, afin de ne pas pénaliser celles qui s'engagent dans la transition écologique », a déclaré son président, David Lisnard.



