Villenave-d’Ornon : installation d'un conseil municipal marqué par le recul de la gauche
Villenave-d’Ornon : conseil municipal installé, gauche en recul

Villenave-d’Ornon : un nouveau conseil municipal s'installe dans un contexte de recul de la gauche

Le nouveau conseil municipal de Villenave-d’Ornon s'installe officiellement ce samedi 21 mars au Cube, marquant le début d'une mandature où la gauche locale apparaît affaiblie. L'assemblée, qui se réunira à 10h30, procédera à l'élection du maire Michel Poignonec et de ses adjoints, dans un climat politique transformé par les récents scrutins.

Un recul significatif pour les forces de gauche

Seuls sept conseillers municipaux de gauche siégeront désormais, contre neuf précédemment, confirmant une lourde défaite électorale qui n'est pas encore totalement digérée par les concernés. La liste d'union menée par Stéphanie Anfray, arrivée avec 11 points de moins qu'en 2020 (22,51%), ne compte que cinq élus, dont l'écologiste Frédéric Moyence qui évoque une ambiance « pas extrêmement joyeuse » au local communiste de Sarcignan lors de la proclamation des résultats.

Pourtant, entre 2014 et 2026, la gauche additionnée a gagné 110 voix dans une ville qui a crû de 13 000 habitants, un paradoxe qui interroge les stratégies politiques locales. « La première candidature de Michel Poignonec laissait de l'espace. On ne mesurait pas sa popularité », reconnaît Patrice Formage, meneur de L'Après, l'un des sept partis derrière Stéphanie Anfray.

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L'abstention, un défi majeur pour la démocratie locale

La socialiste Stéphanie Anfray prend désormais du recul pour analyser cette défaite. « Il faudra analyser à froid ce que nous aurions pu faire différemment. L'abstention doit surtout nous interroger », estime-t-elle, alors que près de la moitié des électeurs (48,97%) se sont abstenus, contre 41,93% en 2014.

Malgré les ateliers participatifs et réunions thématiques organisés, ces dispositifs de démocratie participative n'ont pas suffi à mobiliser. « À côté du conseil municipal, il faut poursuivre cet effort de démocratie participative. Je ne crois pas à un affaiblissement de l'engagement. Simplement, il passe moins par le vote », analyse-t-elle, plaidant pour rapprocher la politique du citoyen plutôt que l'inverse.

Des divisions qui fragilisent l'opposition

Yannick Boutot, président départemental du Parti radical de gauche et sixième sur la liste non réélu, pointe du doigt « une ville qui ronronne » où « les Villenavais se satisfont d'une gestion en bon père de famille ». Il identifie également un problème de clarté : « La gauche paye son manque de clarté vis-à-vis des insoumis. La Nupes, le NFP, les divorces, les retrouvailles… l'électeur s'y perd. »

La liste conduite par Guillaume Latrille, soutenue par La France Insoumise, a quant à elle décroché deux élus, créant des tensions au sein de la gauche locale. « Certains de mes colistiers sont tentés de tendre la main. C'est une erreur », estime Yannick Boutot, tandis que Frédéric Moyence tempère : « M. Latrille n'est pas M. Mélenchon, mais il reste à dépasser des obstacles pour arriver au même résultat qu'à Bègles. »

Vers de nouvelles formes d'engagement politique

Guillaume Latrille appelle à un rassemblement différent de la gauche : « La gauche doit se rassembler autrement. S'engager dans le réel, rencontrer les vrais gens. Si d'autres partagent cette ambition, tant mieux. » L'élu, qui a retrouvé ses colistiers lundi, annonce que « notre collectif continuera à se réunir chaque mois, à rappeler aux citoyens que nous sommes là pour eux ».

Il s'agit pour lui d'exorciser un résultat « qui démontre notre incapacité à mobiliser les quartiers populaires », en développant une présence politique qui dépasse les institutions traditionnelles. « Pour lui, la conquête de la ville passe par le conseil, comme par le supermarché ou le terrain de sport. Les petites gouttes font les grandes rivières », même si, comme il le reconnaît, « manque la danse de la pluie » pour transformer cet engagement en succès électoral.

Frédéric Moyence complète cette vision en plaidant pour « démultiplier les lieux de parole » car « les appareils politiques ne suffisent pas », tandis que Patrice Formage assume « jusqu'au bout » d'avoir suivi Stéphanie Anfray, malgré le résultat décevant.

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